« La gendarmerie ne lâchera rien »

Le général Nicolas Matthéos, commandant de la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie, s’est exprimé hier sur ce qu’il constate sur le terrain.

« Au même titre que nos camarades de la police nationale, nous avons été confrontés depuis maintenant plus de vingt-quatre heures à un vrai déchaînement de haine, un déferlement de jeunes souvent alcoolisés, manifestement manipulés et d’une violence inouïe, cherchant à instaurer le chaos, cherchant à agresser les forces de l’ordre, cherchant à nous faire mal », observe-t-il. « C’est très surprenant de voir ce déferlement de violence de la part de jeunes qui ne savent finalement pas trop pourquoi ils sont là quand on leur pose la question. En tout cas, il est évident que certains d’entre eux veulent semer le chaos et que face à cette volonté et sous l’autorité de monsieur le Haut-commissaire, la gendarmerie ne lâchera rien. Nous serons présents le jour et la nuit, là où ça sera dur pour protéger les citoyens, que ce soit dans les zones de conflits, à la gendarmerie ou dans la zone confiée à la police par l’intermédiaire de la gendarmerie mobile qui va être renforcée pour encore mieux remplir sa mission de protection des populations. »

Plus largement, « depuis maintenant quarante-huit heures, il y a eu huit tirs sur la gendarmerie, des tirs qui n’étaient pas des tirs d’intimidation, qui n’étaient pas non plus des tirs de plomb, mais c’étaient des tirs à tuer avec gros calibre ».

« La balle a perforé le véhicule qui était pourtant blindé »

Le général évoque notamment une scène qui n’a pas été loin de virer au drame, à Saint-Louis, quand « un homme caché » a, « de manière très lâche », ouvert le feu sur des gendarmes qui étaient descendus de leur véhicule. « La balle a perforé le véhicule qui était pourtant blindé des gendarmes et s’est fichée à hauteur d’hommes, entre deux gendarmes. » Le commandant n’est pas d’humeur à plaisanter. « Quand on ouvre le feu sur les gendarmes ou les policiers, on franchit un seuil qui exige de notre part une réponse adaptée. Cette réponse adaptée, c’est la légitime défense. » Et puisque les gendarmes dans les brigades et les gendarmes mobiles ne sont pas spécialistes de ce genre de situation insurrectionnelle, des personnels formés pour ce type d’intervention vont prendre le relais. « Nous avons effectivement les moyens ici sur le territoire, qui ont été récemment renforcés, de faire face à des agressions qui visent à tuer et non pas à impressionner », confirme le général Nicolas Matthéos, marqué, la nuit précédente, par « la rage qui animait ces jeunes, leur haine presque palpable, leur volonté de casser, de détruire ».


Improvisation ou coordination ?

« Je dois constater qu’il y a une certaine organisation derrière, sans doute avec des donneurs d’ordre, ce sera le travail des enquêtes sur les interpellations de déterminer qui sont les donneurs d’ordre. Clairement, il y a de la manipulation, et derrière il y a de l’organisation, par certaines personnes qui utilisent une jeunesse un peu désœuvrée, alcoolisée, pour semer le chaos », résume le commandant de la gendarmerie. « Il y a des actions qui sont menées, je ne sais pas si c’est pour tuer mais en tout cas sans peur de tuer », relève la présidente de la province Sud. « Les jeunes qui sont là ne savent pas toujours ce qu’ils font, mais les commanditaires savent ce qu’ils font, et donc je pense qu’à un moment donné il faudra que chacun réponde de ces actes. Ce sont des mises en danger délibérées de la vie d’autrui », ajoute Sonia Backes. La maire de Païta, Maryline D’Arcangelo, lance « un appel au calme et à la raison ». La maire de Nouméa, Sonia Lagarde, appelle elle aussi au calme, car « c’est avec la raison et le calme qu’on arrivera à trouver des solutions, mais certainement pas par la violence ». Elle évoque « des gens extrêmement mobiles, donc ça complexifie les choses » pour les forces de l’ordre. « On a à faire à des jeunes de plus en plus jeunes qui sont totalement organisés, soutenus derrière et qu’on a formés. Aujourd’hui, on a des cocktails Molotov qui ont été lancés sur les voitures, sur les ronds-points. »

Impossible, hier matin, de passer sur la route permettant d’accéder aux Tours de Magenta.


Anthony Fillet

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