Drame de Yaté : les meurtriers présumés mis en examen et libérés sous contrôle judiciaire

Hier, deux des sept personnes interpellées suite aux graves violences de Yaté du week-end dernier, ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire.

A l’issue des 48 heures de garde à vue, les deux hommes, suspectés de meurtres et de violences volontaires avec armes, ont été présentés à un juge d’instruction qui leur a notifié leurs mises en examen.

Après la présentation au magistrat-instructeur, le juge des libertés et de la détention les a placés sous contrôle judiciaire, contrairement aux réquisitions du procureur de la République qui réclamait un placement en détention provisoire.

Les termes du contrôle judiciaire ne nous sont pas encore connus, mais on peut imaginer que les deux hommes ont l’interdiction de se rendre sur la commune de Yaté, où règne encore un calme précaire et où les forces de l’ordre sont toujours mobilisées.

On peut rappeler que dans la nuit du 17 au 18 février, vers une heure du matin, au terme d’un repas organisé à l’occasion de la fête de l’igname, les violences ont éclaté entre les membres de deux clans, des violences, précisait le procureur Yves Dupas, « commises avec des armes à feu, des armes blanches de type tamioc et des cocktails Molotov confectionnés avec des bouteilles de bière ». Ces violences ont provoqué la mort de deux hommes de 48 et 57 ans, ainsi que 4 blessés, une femme et trois hommes. Sur place, dès le lendemain des violences, les en quêteurs procédaient à 7 interpellations. Le procureur de la Répubklique signalait que « ce conflit interclanique qui persistait depuis décembre 2022, avait conduit le parquet à engager des poursuites à l’encontre des auteurs des violences et dégradations de biens commises en 2023 et dernièrement en janvier 2024. Plusieurs condamnations ont ainsi été prononcées, sur déferrement à l’issue de la garde à vue ».

Depuis les faits, un couvre-feu a été instauré par le Haut-commissaire sur toute la commune de Yaté, en vigueur jusqu’à jeudi prochain, et la vente d’alcool est interdite. Les appels au calme se sont multipliés, ainsi celui lancé par le président du gouvernement Louis Mapou, originaire de Yaté et qui avait mené lui-même une médiation, Louis Mapou qui déclarait cependant sur NC 1ère, « il devient insupportable pour la Nouvelle-Calédonie, de quelque bord qu’on puisse être, de quelle que légitimité dont on peut se prévaloir, a-t-il dit, d’assister à une telle proportion de violence par rapport à des faits d’origine qui ne concernent que des portions de terre ».

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