Olivier Pérès va quitter le Camp-Est pour un transfert en Métropole

La chambre de l’instruction a, une nouvelle fois, rejeté la demande de mise en liberté de l’ancien chirurgien du Médipôle, coupable en appel du meurtre d’Éric Martinez, au motif qu’il doit être transféré dans une prison métropolitaine dans quelques jours.

Les derniers détails ont été réglés et la décision officielle est tombée dans la nuit de mardi. D’après nos informations, Olivier Pérès va être extrait de sa cellule du Camp-Est le 15 février prochain pour être transféré dans une prison métropolitaine. La confirmation du départ de l’ancien chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique du Médipôle, condamné par la cour d’assises d’appel à quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Éric Martinez sur le golf de Tina en septembre 2018 (il s’est depuis pourvu en cassation et demeure donc présumé innocent), a été faite mercredi matin par la chambre de l’instruction qui a, une nouvelle fois, rejeté sa demande de mise en liberté.

Son prochain point de chute ? Il n’est pas encore connu officiellement mais il pourrait s’agir du centre pénitentiaire de Caen qui a récemment ouvert ses portes. En décembre dernier, les magistrats de la cour d’appel avaient ordonné une expertise médicale pour déterminer si son état de santé était compatible ou non avec une détention. Car les problématiques de santé d’Olivier Pérès sont connues de longue date. Dans le dernier rapport en date, le médecin avait ainsi mentionné « en gras que ses conditions de détention sont incompatibles avec une incarcération », a affirmé son avocate Me Cécile Moresco.

Dans sa décision, la chambre de l’instruction a justement indiqué que « l’expert parle de contre-indication et non d’incompatibilité ». Reprenant des motifs déjà avancés par le passé, et notamment le risque de fuite d’Olivier Pérès à l’étranger « qui demeure patent », les magistrats avancent que « c’est moins l’incarcération de M. Pérès qui compromet son état de santé que les conditions de sa détention en Nouvelle-Calédonie : peu de promenades, rendez-vous insuffisants chez le kiné, risque infectieux… ». Conclusion de la chambre, « son état de santé, bien que préoccupant, ne justifie pas sa libération dans la mesure où son transfèrement est organisé le 15 février ». Une infirmière ainsi qu’une escorte seront mobilisées en permanence à ses côtés jusqu’à son arrivée en Métropole.

Interrogé, l’avocat de la veuve et de l’enfant d’Éric Martinez, Me Martin Calmet, a simplement exprimé être « satisfait » de cette nouvelle décision de justice.

« L’administration se débarrasse d’un mourant »

Il ne semble donc plus y avoir d’obstacle à son départ. De quoi mettre en colère Me Moresco qui juge « incompréhensible » le refus de la chambre de l’instruction. « Comme les magistrats ne suivent pas les préconisations du médecin qui demande sa libération parce qu’il y a une obligation de soins urgents, l’administration pénitentiaire voit qu’elle a un mourant chez elle et décide de s’en débarrasser. Quand je vois le nombre d’individus avec des profils dangereux et qui sont libérés pour des conditions indignes, je ne comprends pas ce refus systématique de la justice de libérer Olivier Pérès qui est sans casier judiciaire, présumé innocent, sans aucun risque de réitération et dans un état physique catastrophique ».

Le conseil s’interroge désormais sur la faisabilité d’un tel transfert compte tenu de l’état de son client. « Entre mourir au Camp-Est et être envoyé en Métropole, il a choisi de partir. Il n’a pas d’autres choix s’il veut vivre puisqu’on lui refuse de le faire sortir », déclare Me Moresco.

Une saisie de la Cour européenne des droits de l’Homme est toujours à l’étude et devrait être déposée prochainement.

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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