Je reviendrai, si…

Gérald Darmanin aura donc passé deux jours à Nouméa à rencontrer toutes les délégations politiques, y compris celle de l’UC et de l’UC élargie. Le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer en a dressé le bilan lors d’une interview accordée à NC 1ère, Calédonia et RRB.

On retient de cette intervention que le ministre a réaffirmé la détermination de l’État à parvenir à un accord. Mais même sans accord, l’État engagera une réforme constitutionnelle. « Une nouvelle fois, a ainsi déclaré Gérald Darmanin, la volonté de l’État c’est une grande réforme constitutionnelle qui tire les conclusions des trois référendums, qui projette la Nouvelle-Calédonie vers l’avenir, qui permette l’autodétermination dans un cadre raisonné, avec un accord de tous les partis politiques. Si l’on n’a pas cet accord, oui l’État avancera. » Et le ministre de préciser sans ambiguïté qu’il n’y a désormais plus de temps à perdre : « Nous ne laisserons pas trainer les discussions, a-t-il ainsi précisé. Cela fait deux ans qu’on discute, maintenant, les Calédoniens que je croise me disent vouloir les résultats de ces discussions et que l’État doit prendre ses responsabilités, si eux ne les prennent pas. »

Dialogue avec l’UC ?

Clairement, la visite de Gérald Darmanin avait pour objet de tenter de faire venir l’Union Calédonienne dans les discussions. « Des discussions nombreuses ont été menées, a-t-il ainsi précisé. C’est la 5ème fois que je viens en Nouvelle-Calédonie pour les mener. J’ai été un peu échaudé de voir qu’une partie des indépendantistes ne voulait pas entrer dans les discussions que menait désormais l’UNIK-Palika avec les non-indépendantistes », et d’ajouter toutefois, « je pense qu’il y a eu une avancée depuis ces 2 jours et je remercie l’UC de venir discuter avec moi sur cela ». Aussi à plusieurs reprises durant cette interview, et très certainement bien sûr lors des bilatérales, Gérald Darmanin a appelé l’UC à saisir la main que lui tendait l’État. Auquel cas, si l’Union Calédonienne accepte de participer aux discussions avec tout le monde, le ministre de l’Intérieur sera de retour à Nouméa dans les prochains jours, « si l’Union Calédonienne accepte les trilatérales, les réunions à trois, a-t-il dit, je suis prêt à revenir en effet deux jours la semaine prochaine, pour que nous puissions conclure au maximum, cet accord, pour que nous puissions modifier le Constitution. »


Quelques vérités

Le ministre, constatant la division des indépendantistes, a souhaité davantage de cohérence. « J’invite l’UC, a-t-il déclaré, d’abord à faire un travail commun avec l’UNI-Palika, parce qu’ils ne sont pas ensemble, c’est un problème quand les partis indépendantistes sont divisés, et de travailler ensemble avec les non-indépendantistes, parce qu’ils ont ensuite à construire l’avenir de leur jeunesse pour la Nouvelle-Calédonie. » Une jeunesse qui, a souligné Gérald Darmanin « ne veut pas peut-être avoir les mêmes combats qu’avant, même si elle respecte le passé, mais qui veut regarder l’avenir ».

Gérald Darmanin a été interrogé sur l’état d’esprit de ses interlocuteurs : « quand on aspire à une responsabilité, il faut savoir faire des compromis. Je les ai sentis à l’heure du compromis. Je pense qu’ils ont tous senti un État déterminé, à l’écoute, mais déterminé. » Il a été objecté au ministre des Outre-mer que les indépendantistes, UNI-Palika comme UC, réclamaient un projet avec la France et non pas un projet dans la France. « Je respecte cette position, a souligné Gérald Darmanin, simplement par trois fois les Calédoniens n’ont pas suivi la question de l’indépendance. En démocratie, il faut respecter cela. »

Quant à la contestation des résultats du 3ème référendum devant les instances internationales, Gérald Darmanin a tout simplement souligné qu’elle n’existait pas. « Le référendum est contesté dans les discussions politiques, a-t-il ainsi déclaré, mais cela fait deux ans qu’il a été fait, personne n’a jamais saisi aucune instance internationale. Je l’ai d’ailleurs fait remarquer. Il suffit d’un pays dans le monde pour pouvoir instruire une demande de contestation devant la Cour Internationale de Justice. Ça n’a pas été fait. En deux ans. »

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