Le manioc « est trop sucré », il jette de l’huile bouillante sur sa femme pour la punir 

Six jours après avoir brûlé sa femme à l’huile bouillante parce qu’il n’avait pas apprécié son repas, un père de famille a écopé d’une peine de quatre ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nouméa. Il venait de sortir de détention après cinq ans d’incarcération. 

Elle ne pourra jamais oublier les douleurs qu’elle a endurées. Une mère de famille a été grièvement brûlée au haut du corps et aux bras, à son domicile de la tribu de Tiabet, sur la commune de Poum, mercredi 28 janvier, après que son compagnon lui a projeté une marmite d’huile bouillante. Les faits se sont produits en début d’après-midi, lorsque cet homme de 47 ans a goûté un morceau de manioc en train de frire. Il aurait trouvé le tubercule « trop sucré », ce qui aurait déclenché sa colère. Pour la punir, il lui a alors jeté la marmite pleine d’huile bouillante, sous les yeux de leur fille de neuf ans, pétrifiée par la scène. Présenté en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Nouméa, mardi, le quadragénaire n’a pas souhaité s’expliquer sur ce geste d’une extrême violence. Il a simplement dit qu’il voulait « calmer » sa compagne, sans apporter d’explication claire. 

« Victime du système carcéral » 

« Il y a une volonté d’humilier, de faire mal », a tonné la procureure, Lucie Delage, devant le prévenu, déjà condamné à trois reprises pour des violences conjugales. Le parquet a fait part de son inquiétude devant les magistrats du tribunal, rappelant que ce père de famille venait de sortir de prison le 18 décembre dernier, après y avoir été incarcéré pendant une période de cinq ans. Un mois et dix jours à peine après sa libération, l’homme a récidivé. Il avait pourtant été placé en libération conditionnelle jusqu’en août 2027. « Il ne fait guère de doute que le juge d’application des peines va lui retirer cette mesure. Aujourd’hui, il encourt dix ans de prison. Je requiers quatre ans de prison ferme », conclut Lucie Delage. Si le prévenu n’a pas trouvé les mots pour expliquer ce passage à l’acte d’une grande barbarie, son avocat l’a présenté comme une « victime du système carcéral calédonien » afin d’appeler à la clémence de la juridiction. « La détention au Camp-Est ne rend pas meilleur. En voici une preuve. Cet homme est détruit. On l’a déconnecté du monde réel. Après avoir passé cinq ans à manger de la merde, à ne sentir que la sueur de ses codétenus, la crasse et les égouts, il a perdu le goût des aliments », a plaidé Me Stéphane Bonomo. Le tribunal correctionnel de Nouméa a suivi les réquisitions du parquet : quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt. La justice lui a également retiré l’exercice de l’autorité parentale sur son enfant. 

Jean-Alexis Gallien-Lamarche 

 

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