Le procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front national, devenu depuis le Rassemblement national, a débuté mardi à Paris.
Pour rappel, Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme aménageables, et à 100 000 euros d’amende pour des soupçons de détournement de fonds publics européens. Une peine à laquelle s’ajoutait également cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, compromettant ainsi fortement les chances de la cheffe de file d’extrême-droite de se présenter à l’élection présidentielle. En première instance, le tribunal a considéré que « Marine Le Pen s’est inscrite avec autorité et détermination dans le fonctionnement instauré par son père, auquel elle participait depuis 2004 ». Des faits qu’elle conteste fortement, bien que l’ex-eurodéputée ait été déclarée coupable d’avoir rémunéré quatre de ses assistants parlementaires européens, entre 2009 et 2016, avec des fonds de l’Union européenne. Elle est considérée comme « l’auteure principale » de cette infraction, mais aussi comme complice des détournements commis par les autres eurodéputés à partir de janvier 2011, moment où elle était devenue présidente du FN.
Une longue saga judiciaire
La fin des débats est attendue aux alentours du 12 février prochain. La décision sera alors mise en délibéré, sans pour autant connaître la date précise à laquelle la cour d’appel de Paris rendra son jugement bien qu’une décision à l’été 2026 est attendue afin de laisser le RN s’organiser en vue de la présidentielle. Lors de ses vœux à la presse, Jordan Bardella, le président du RN, a affirmé qu’il n’était « pas candidat à l’élection présidentielle » mais « au poste de Premier ministre ». Une manière de laisser de la place à la fille de Jean-Marie Le Pen, aujourd’hui en tête des sondages… « Il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d’une candidate à l’élection présidentielle, déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour et aujourd’hui donnée comme favorite incontestée du scrutin », a-t-il poursuivi.
Quoiqu’il en soit, cette affaire judiciaire n’est pas encore terminée. Et en cas de nouvelle condamnation, Marine Le Pen devrait se pourvoir en cassation.
Nathan Di Matteo



