Le dispositif de sécurisation à Saint-Louis évolue avec le retrait des postes fixes, un changement qui ne plait pas à tout le monde.
Le paysage sécuritaire de Saint-Louis a changé dans la nuit de vendredi à samedi. À la suite d’une rencontre jeudi 8 janvier entre la maire du Mont-Dore, Élizabeth Rivière, et la gendarmerie de Nouvelle-Calédonie, le dispositif de sécurité entourant la tribu de Saint-Louis depuis les émeutes de mai 2024 a été réorganisé. Selon la communication officielle de la commune, « le dispositif aux verrous Sud et Nord de Saint-Louis a été allégé, avec le retrait des tentes et des installations temporaires, permettant ainsi de dégager la voie et de faciliter la circulation ». La mairie précise que « les postes physiques disparaissent au profit de postes mobiles, tandis que les effectifs demeurent inchangés ».
Des gendarmes plus mobiles
Le Haut-commissariat a tenu à tempérer, assurant qu’« il n’y a pas d’allégement du dispositif de sécurisation de Saint-Louis » alors que « les objectifs d’ordre public et les effectifs déployés restent inchangés : être présents pour garantir la libre circulation dans le secteur et intervenir rapidement pour interpeller les auteurs de troubles ». Ainsi, le Haut-commissariat évoque plutôt des « adaptations du dispositif opérationnel (…) afin d’être encore plus efficaces ». Concrètement, cela signifie que les deux verrous, postés au Nord et au Sud de la tribu, vont bel et bien disparaître afin d’avoir des gendarmes davantage en mouvement sur le terrain.
Cette évolution intervient dans un contexte toujours tendu. Le groupe Générations Mont-Dore, par la voix de Nina Julié, dénonce « une décision prématurée qui met en cause la sécurité ». L’opposition municipale rappelle dans un communiqué diffusé samedi que les incidents persistent : « Encore cette nuit, vers 3 heures du matin, des véhicules de gendarmerie ont été caillassés avec des boules de pétanque ». Face à ces faits qu’elle qualifie de « récents, avérés, graves et loin d’être isolés », la candidate aux élections municipales exige que « les verrous soient remis en place », rappelant que « la sécurité est une responsabilité régalienne de l’État ». La mairie, de son côté, salue « l’engagement et la mobilisation quotidienne des équipes de la gendarmerie » tout en assumant cette évolution du dispositif censée améliorer la fluidité du trafic sur cette artère stratégique.
Claire Rio-Pennuen




