Arrêt définitif, pause choisie, écoute du corps ou changement d’hygiène de vie : plusieurs Calédoniens racontent comment leur rapport à l’alcool a évolué, loin des clichés et des discours moralisateurs.
Chaque mois de janvier, le Dry January invite à faire une pause avec l’alcool (lire dans notre édition du 1er janvier). Pour certains, c’est un défi d’un mois. Pour d’autres, c’est surtout l’occasion de questionner une relation à l’alcool qui s’est déjà transformée, parfois bien avant janvier. Michel, 48 ans, n’a jamais considéré avoir eu un problème d’alcool. Sa consommation était exclusivement festive, limitée aux apéritifs et digestifs lors de soirées. En 2003, un souci de santé sans lien avec l’alcool l’oblige à faire une pause. « Pas d’alcool pendant 24 heures, puis 48, puis une semaine, puis un mois… et aujourd’hui, ça fait 23 ans ». L’arrêt s’est fait naturellement, sans accompagnement. « Je n’avais pas besoin d’arrêter, ça s’est imposé tout seul », explique Michel. La principale difficulté n’a pas été physique, mais sociale. « Le regard des autres change, dit-il. Quand tu ne bois plus alors que tu buvais avec eux avant, ce n’est plus pareil ». Michel évoque même une année de flottement, avec un cercle d’amis qui évolue. Aujourd’hui, l’alcool ne lui manque pas, « aucunement. Sans alcool, la fête est plus folle. On se souvient de tout ». Le bilan est sans appel : « plus de lucidité, plus de souvenirs et moins de frais ! », mais aussi un changement de mode de vie, expliquant « je suis beaucoup plus sportif qu’avant ».
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Légende photo : Que ce soit en janvier ou à n’importe quel moment de l’année, tous racontent la même chose : questionner sa relation à l’alcool, c’est souvent déjà un premier pas.
Delphine Escanes



