Thierry Washetine, triple champion d’Europe et triple champion du monde de lancer en javelot, en sport adapté, portera le 30 juin, à Châlons-en-Champagne, la flamme olympique. De passage pendant trois semaines sur le Caillou, pour le deuil de sa mère, le Maréen en est reparti hier, vers la Métropole.
Il était samedi après-midi au stade Numa-Daly, non pas pour lancer le javelot mais pour assister, au plus près, debout adossé au grillage, entre les deux bancs de touche, à deux pas de l’entrée du tunnel menant au couloir des vestiaires, à un match de football entre Magenta (son club de coeur, dont il a notamment été gardien de but de l’équipe réserve) et Gaïca. De ce barrage aller d’accession à la Ligue des champions océanienne, gagné 2-1 par Magenta, Thierry Washetine n’en a pas perdu une miette. « J’aime bien le sport », sourit-il, réfutant ensuite l’idée qu’il supporte plus une formation qu’une autre. « Maintenant que je vis en France, je suis pour les deux équipes. »
A plus de 50 mètres
Il s’est installé dans l’est de la France « depuis fin 2021 ». Il s’essaie à « la taille de la vigne », commence un parcours d’entraîneur et bientôt ne lancera plus le javelot. « C’est la fin de ma carrière internationale. J’ai 45 ans, c’est ma dernière année, j’arrête ma carrière de sportif de haut niveau, je vais prendre ma retraite », explique-t-il. Il lui reste simplement un titre majeur, un de plus, à aller chercher. « Je suis en préparation pour les championnats d’Europe en Suède », prévus « début juin ».
Jusque-là, Thierry Washetine a été sacré trois fois au niveau continental (2006, 2008, 2014) et trois fois sur la scène mondiale (2005, 2007, 2015). Record personnel : 50,10 m. Il pense qu’il aurait pu lancer plus loin. « C’est dommage » car une « opération de mon épaule » a freiné la progression.
Désigné capitaine
Sportif reconnu, aussi bien pour ses performances que pour son bon comportement, il a été choisi pour être l’un des porteurs de la flamme olympique. Il sera même capitaine d’un groupe de porteurs. Une joie. « Je vais courir sur 200 mètres », sur route, « mais ça va », ce n’est pas insurmontable, rassure l’athlète. « Je suis le premier Calédonien à porter la flamme olympique, je suis fier de vivre ça, de faire ça pour la Calédonie. » Une suite logique, car « je suis aussi le premier Calédonien en sport adapté à avoir été champion du monde ».
Il n’est pas certain d’avoir la chance d’aller aux Jeux olympiques. Il sait néanmoins qu’il pourra aller voir la finale du basket aux Jeux paralympiques. Sur place, en Métropole, il lui a été donné une place. Thierry Washetine n’est pas du genre à réclamer plus.
Anthony Fillet



