Le père de famille et ancien entraîneur a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir ouvert le feu, en novembre 2022, place de la Moselle, sur un groupe de sans-abri. Philippe Mainguet a exprimé ses regrets, mais n’a pas convaincu le tribunal correctionnel qu’il n’agissait pas par vengeance.
Il ne s’attendait pas à passer la nuit au Camp-Est. Quelques minutes avant le prononcé de la peine par le tribunal correctionnel de Nouméa, mardi soir, Philippe Mainguet a sans doute compris qu’il allait être incarcéré en voyant un fourgon de la police nationale entrer dans l’enceinte du palais de justice, alors qu’il était le dernier prévenu jugé. Le père de famille de 52 ans a d’abord baissé la tête, visiblement abattu, puis a vidé les poches de son short avant de confier ses affaires à sa mère. Entouré de trois policiers nationaux et sous les yeux de ses proches, Philippe Mainguet a quitté la salle d’audience par la petite porte menant aux cellules du palais de justice. Il a été conduit au centre pénitentiaire dans la foulée.
Il aura fallu près de cinq heures aux magistrats pour examiner cette affaire, qui avait fait grand bruit à l’époque. Le dimanche 6 novembre 2022, vers 18 heures, alors que des badauds se promenaient sur la place de la Moselle et que des enfants s’amusaient dans les manèges, Philippe Mainguet, accompagné de son fils Albert, avait fait le choix d’ouvrir le feu sur la voie publique. Une prise de risque d’une extrême gravité, dont ils avaient pleinement conscience. « On savait qu’il y avait des risques de mort pour les gens. Je n’ai pas eu la force d’arrêter mon père », a admis son fils Albert, champion de va’a.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche




