Avec le membre du gouvernement en charge de l’économie et du budget, nous avons évoqué le Pacte de refondation proposé par l’Etat, et la préparation du budget 2026 de la Nouvelle-Calédonie.
La voix du Caillou : On attendait une initiative de l’État en matière économique, financière et fiscale. Il y a donc eu le pacte de refondation. Est-ce que cela répond aux attentes et aux espoirs ?
Christopher Gygès : Déjà, c’est une réponse concrète sur plusieurs aspects, qui porte différentes propositions, mais qui mérite toutefois d’être éclaircies sur un certain nombre de points. Mais la réponse que l’on doit apporter à l’Etat doit être commune à l’ensemble des institutions ou des différentes formations politiques. En tout cas, c’est ce à quoi on s’emploie au niveau du gouvernement, puisqu’on a réuni une première fois les différentes institutions et les chefs de groupe, et l’on se réunira de nouveau vendredi pour voir si une réponse commune peut être apportée. Il y a de très bonnes choses dans cette proposition en termes d’attractivité pour la Nouvelle-Calédonie. La partie sur l’exonération d’Impôt sur les sociétés pendant 5 ans pour les sociétés de moins de 400 millions est une bonne chose, à condition que ce soit une compensation au réel. Je m’explique, aujourd’hui, le coût budgétaire est de 5 milliards pour cette mesure. L’idée, c’est que le coût budgétaire augmente très fortement parce qu’on va avoir des entreprises qui vont payer beaucoup plus d’IS. La compensation ne peut se faire qu’à hauteur de la compensation réelle. Il y a des bonnes choses qui sont annoncées sur le fait que 100 millions d’euros pourraient être transformés en subventions. Certes, je pense que tous les acteurs qui étaient autour de la table ont considéré que 100 millions d’euros, au vu du volume des différents prêts, c’est insuffisant par rapport aux engagements passés qui avaient été pris. Mais c’est une première étape. Le Premier ministre nous a demandé notre avis et nous lui donnerons.
LVDC : Néanmoins, il n’y a pas un rejet de ce pacte de la part de vos interlocuteurs ?
CG : Non, je n’ai pas senti de rejet. J’ai senti des précisions à apporter. Il y a une autre précision qui est importante. A la fin du courrier qu’il a adressé aux élus, le Premier ministre dit que l’État, en 2030, ne financera plus que ses compétences. Or, par exemple, l’Etat n’est pas compétent en matière d’enseignement, mais il compense, or il est impensable pour nous que l’État ne finance plus l’enseignement à horizon 2030. C’est plus de 50 milliards pour le versement des salaires des enseignants, la Nouvelle-Calédonie ne pourra pas financer cette partie-là. Ce sont des premières propositions à nous d’être constructifs sur ce sujet puisque le 1er ministre nous demande notre avis. Ensuite, on verra si la réponse commune aboutit. Pour ce qui me concerne, il manque pour moi une chose importante et j’ai fait deux propositions. On ne parle pas du tout du consommateur qui a pourtant beaucoup subi. On a donc fait deux demandes à l’État ces derniers mois. D’abord que la Nouvelle-Calédonie rentre dans la compensation du prix de l’électricité. Les Calédoniens, comme les autres Outre-mer français, comme Wallis et Futuna, doivent avoir le même prix de l’électricité qu’en métropole, nous ne sommes pas des Français de seconde zone, on a le droit à cette compensation. De la même manière que nous avons demandé la péréquation nationale sur le fret des produits de première nécessité qui pèse sur les ménages. Il y a donc quand même des manques dans le courrier, notamment pour la question des consommateurs. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Propos recueillis par Nicolas Vignoles




