Cinq mois après la signature, dans un petit matin d’été, de l’accord de Bougival, le soufflé est retombé emportant nos espoirs. L’accord semble n’être plus qu’un bout de papier, un chiffon, dont certains ne veulent plus assumer la rédaction et le contenu. Mais finalement qu’ont-ils donc bien signé, qu’ils aient dénoncé leur signature pour les uns ou veulent tout renégocier pour les autres ? Face à un État qui ne veut plus ou pas aborder le dossier calédonien avec la détermination que le résultat des trois référendums imposait, la voie est libre pour ceux à qui les Calédoniens ont dit Non trois fois, soutenus dans leur entreprise par les partis pusillanimes et/ou opportunistes. La démocratie, pour autant qu’il en est encore question ici, s’applique de manière bien curieuse en Nouvelle-Calédonie. Nous observons désabusés la manière dont on détricote un accord qui portait tant d’espoir en lui, après le désastre du 13 mai dont l’ordonnateur présumé est de retour. Cela fait tant de temps maintenant que nous ne voyons plus rien venir, sinon la poussière dégagée par les pans de notre économie s’effondrant. Alors que Bougival réclamait de la constance, de la cohérence et une historique responsabilité, se développe un jeu politicien qui peut nous écœurer. Rien d’étonnant alors à ce que la confiance s’évapore et que la lassitude grimpe, puisque certains, feignant de l’écouter, veulent éloigner le peuple.
Nicolas VignolesÂ



