Alors que les besoins en accompagnement nutritionnel n’ont jamais été aussi importants, les diététiciens nutritionnistes doivent composer avec une réalité économique difficile et un manque de reconnaissance institutionnelle. Témoignages croisés de trois professionnelles installées à Nouméa et dans le Nord, toutes membres de l’association Ascadiet.
Leur mission : accompagner les Calédoniens vers une meilleure santé par l’alimentation, prévenir les maladies chroniques, soutenir les patients atteints de cancer, de diabète ou d’obésité. Un métier essentiel, mais fragilisé. En effet, les diététiciennes nutritionnistes traversent une période délicate. En cause : la baisse du pouvoir d’achat couplée à la non-prise en charge de leurs actes par la Cafat, et un contexte économique local qui pèse sur les priorités de consommation. « Les gens fonctionnent différemment depuis les émeutes, les priorités ont changé », observe Mélanie Garcia, installée à Port Plaisance. Comme beaucoup de ses consœurs sur Nouméa, elle estime à environ 30 % la baisse de chiffre d’affaires enregistrée depuis 2024. Les consultations de suivi, pourtant essentielles à la réussite d’un accompagnement nutritionnel, se font plus rares. « Avant, un patient venait deux fois, maintenant il ne vient qu’une seule fois », constate-t-elle. Le délai d’attente dans son cabinet est passé d’un mois à deux semaines. Une tendance que Charlène Guignet, diététicienne nutritionniste sur Nouméa et sur Koné, observe aussi : « Les difficultés ont commencé bien avant les émeutes, dès la fermeture de l’usine KNS. Puis la crise de 2024 a aggravé la situation. Quand un patient ou son conjoint perd son emploi, il ne peut plus financer ses consultations ».
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Ide de La Rochebrochard




