Manuel Valls paye sans doute le fait que Sébastien Lecornu ait fait le choix d’un gouvernement technique. Il n’a donc pas été reconduit.
Et sans doute ne l’avait-il pas prévu. Tous ces derniers jours, l’ancien Premier ministre avait multiplié les interventions médiatiques, d’abord pour s’opposer à la dissolution, ensuite pour mettre en avant les nombreux projets concernant les Outre-mer et dont il était à l’initiative. Il évoquait ainsi la loi de reconstruction de Mayotte, la loi sur la lutte contre la vie chère en Outre-mer, la lutte contre le narcotrafic, et bien évidemment la mise en œuvre de l’accord de Bougival pour la Nouvelle-Calédonie. Il l’avait fait notamment au travers d’une tribune publiée dans Le Figaro. Dans toutes ces dernières déclarations, Manuel Valls laissait savoir qu’il entendait bien maintenir le cap, se disant même encouragé à poursuivre, laissant supposément entendre qu’il escomptait conserver l’Outre-mer au gouvernement. C’était encore le cas en fin de semaine dernière à la première représentation de « Barrage », la nouvelle pièce de théâtre de Jenny Briffa à Paris à laquelle Manuel Valls assistait. Interrogé sur son ressenti du spectacle, il avait évoqué une situation difficile et compliquée, où le débat n’est pas uniquement indépendance ou non-indépendance. Et Manuel Valls d’ajouter surtout qu’il entendait bien maintenir sa politique et sa vision pour la Nouvelle-Calédonie. « Donc, dit-il ainsi, ça m’encourage à trouver des solutions qui sont forcément inventives, complexes et innovantes ». Mais il n’a pas été reconduit, très certainement pour ne pas froisser le Parti socialiste qu’il avait quitté, et dont Sébastien Lecornu espère bien que le PS ne votera pas la censure. D’une certaine manière, Manuel Valls aura fait les frais d’une forme de « realpolitik », ce que soulignait de Gaulle par « en dehors des réalités, il n’y a pas de politique qui vaille ». Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende photo : Naïma Moutchou succède à Manuel Valls à l’Outre-mer.Â
Nicolas Vignoles



