Dérobés le 21 juillet 2024, les restes du grand chef Ataï demeurent introuvables. Une affaire coutumièrement sensible, mais que la justice vient de classer sans suite.
Ce 21 juillet 2024 dans la soirée, alertés, les gendarmes constatent des émanations de fumée provenant du mausolée du grand chef Ataï, mausolée profané, le tombeau est ouvert, les cercueils du grand chef et de son compagnon sont dégradés et les deux crânes ont été emportés. Une des plaques commémoratives à l’entrée du site a également été découverte brisée.

Les auteurs non-identifiés
Le parquet de Nouméa a annoncé jeudi le classement sans suite de la procédure au motif que les auteurs restaient non-identifiés. « Les multiples investigations techniques n’ont pas permis d’orienter la procédure, précise le communiqué. Les enquêteurs ont procédé au recueil de nombreux témoignages, auprès d’une trentaine de personnes. Il ressort de plusieurs renseignements que les deux crânes dérobés, du grand chef Ataï et de son Dao auraient été dissimulés dans une forêt dans le secteur de Canala, et serviraient lors de rites occultes. » De plus, précise le parquet, « malgré les démarches initiées auprès de plusieurs responsables coutumiers, les reliques demeurent à ce jour introuvables ». C’est une longue et délicate enquête qu’ont menée les gendarmes, dans un contexte coutumier particulier. Ce que souligne d’ailleurs le parquet, précisant que « il a été indiqué aux enquêteurs que la localisation sur la commune de La Foa du mausolée du grand chef Ataï était contestée par certains membres de la communauté kanak. Toutefois, aucun élément objectif n’a été mis en évidence, sur ce point ». Du point de vue judiciaire, l’enquête est donc close, sauf à ce que de nouveaux éléments ou de nouveaux témoignages conduisent à rouvrir le dossier.
Légende photo : Le tombeau d’Ataï profané.
Nicolas Vignoles



