Caledonia a frôlé la disparition au mois de mars. Six mois plus tard, contre toute attente, la chaîne a redéployé sa grille avec un journal, des magazines, des documentaires et des soirées en partenariat avec TF1, M6 et Arte. Son directeur, Pierre Wélépa, raconte ce sauvetage, et esquisse l’avenir du média.
LVDC : Le 12 mars, la province Nord avait réduit vos subventions de 75 %. On pensait la chaîne condamnée. Comment êtes-vous parvenu à la faire revivre ?
Les équipes sont restées très solidaires. Le service qu’on rend aux populations, c’est-à-dire de faire de la télévision et de l’information au quotidien, ne s’est pas désuni face à l’adversité. Les premières annonces de la province Nord et des autres collectivités, dans le cadre de l’austérité après ce qui s’était passé l’an dernier, ont été rudes. Comme tous les établissements publics, le groupe Caledonia — qui est une société d’économie mixte — a reçu ça de plein fouet. Mais la confiance des différentes collectivités, et celle de l’État, puisqu’on est une télévision française avec un agrément français de l’ARCOM (l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, NDLR), nous a permis de rediscuter et de reformuler l’intérêt de la pluralité des informations et des opinions en Nouvelle-Calédonie. La télé a une importance en termes de pluralité d’opinions et surtout en tant que patrimoine immatériel calédonien. Les Calédoniens aiment se voir à la télé, découvrir des perspectives sur le monde et la région dans laquelle ils vivent.
LVDC : Donc vous avez pu finalement recevoir l’intégralité des subventions et relancer la machine ?
On a reçu un petit peu moins… au lieu de 400 millions, on a eu 350 millions. Alors ça passe, mais il a fallu quand même faire des efforts de rationalisation plus importants en matière d’achat des programmes et de ressources humaines. Beaucoup de départs ont été accompagnés et aujourd’hui, avec des ressources amoindries, on a une organisation dégradée et une offre télévisuelle moindre. Depuis avril, notre grille a reculé, mais on a gardé l’enthousiasme des premiers jours pour repartir le 1er septembre, même si, comme toute la Calédonie, on est dans l’expectative d’avoir un horizon budgétaire au-delà de 2025.
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Propos recueillis par Béryl Ziegler



