L’accord de NoumĂ©a a permis la pleine reconnaissance de l’identitĂ© kanak au travers d’un certain nombre de dispositifs, et en particulier de reconnaĂ®tre une place aux structures coutumières au travers du SĂ©nat coutumier. Le système a fonctionnĂ© peu ou prou pendant des annĂ©es, mĂŞme si de nombreuses crises ont secouĂ© l’institution, jusqu’à ce que le SĂ©nat coutumier se mĂŞle de politique. DĂ©voyant sa mission de dĂ©fense et de promotion de sujets intĂ©ressant l’identitĂ© kanak et se dĂ©partissant de son rĂ´le, le SĂ©nat coutumier a fait le choix de porter et de partager la revendication indĂ©pendantiste pour instaurer le primat de l’identitĂ© kanak. On le voit encore avec cette position du Congrès du pays kanak de ce week-end qui « dĂ©clare que le projet d’accord de Bougival, du fait de son rejet par le FLNKS et du refus par le comitĂ© de rĂ©daction d’examiner les amendements proposĂ©s par le SĂ©nat coutumier, ne peut se substituer Ă l’accord de NoumĂ©a qui doit rester en vigueur ». Or, l’identitĂ© kanak n’est pas le substrat de la sociĂ©tĂ© calĂ©donienne, elle en est une part, importante certes, mais en demeure un des Ă©lĂ©ments. Une sociĂ©tĂ© calĂ©donienne diverse qui, tout en la respectant, ne dĂ©pend pas de la coutume et n’est pas rĂ©gie dans son ensemble par l’ordre coutumier. Mais le SĂ©nat coutumier veut-il l’admettre ?
Nicolas Vignoles



