Emeutes : sommes-nous tous traumatisés ? (3/3)

Le 13 mai 2025, « un an jour pour jour après l’une des plus graves crises de l’histoire récente de la Nouvelle-Calédonie », la Fédération des professionnels libéraux de santé interpellait les pouvoirs publics dans une lettre ouverte, pour tenter de faire de la santé mentale une priorité absolue. Pour la FPLS, ce que les Calédoniens ont « traversé collectivement en mai 2024 constitue un traumatisme majeur ». Alors, sommes-nous tous traumatisés et à quel point ? Comment savoir en reconnaître les signes et continuer d’avancer ? Comment reconstruire une société fracturée ? Dans ce dossier en trois volets, nous vous proposons des pistes de réflexion grâce à l’expertise de trois professionnels de la santé mentale. Vous avez pu lire l’interview du psychologue clinicien Alexandre Machful et l’analyse de Grégory Simon, psychologue clinicien lui aussi, chercheur et expert près des tribunaux de Nouméa. Aujourd’hui, place à l’hypnothérapeute Emy Pirrone, dans le cadre des thérapies brèves. Une pratique qui permet en effet d’agir rapidement sur une émotion.

Une clientèle plus nombreuse, mais aussi plus variée : c’est le constat d’Emy Pirrone après la période des émeutes, qui a mis toute la société calédonienne sous tension. Avec d’autres professionnels en santé mentale, elle avait choisi de se déplacer sur le terrain durant les premières semaines pour accompagner les personnes qui le souhaitaient au travers de cellules thérapeutiques gratuites. « Je me souviens d’une journée au Mont-Dore Sud, on s’était installés comme on avait pu, sur des nattes ; 80 personnes sont venues nous voir ». Un travail essentiel, estime Emy Pirrone, mais qui n’a pas duré dans le temps. « On ne parle pas assez du sujet de la détresse psychologique », regrette-t-elle. Depuis lors, sa clientèle a augmenté et s’est aussi diversifiée : « On reçoit des publics plus jeunes, des professionnels en entreprise et davantage de personnes issues des communautés océaniennes – une conséquence du bouche-à-oreille à la suite de nos déplacements au moment des émeutes, et aussi la preuve que nécessité fait loi : en cas de crise, on arrive à trouver l’information et à oser demander de l’aide ».

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Émeutes : sommes-nous tous traumatisés ? (1/3)

Émeutes : sommes-nous tous traumatisés ? (2/3)

Isabelle Peltier

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