Malaise à la barre du tribunal

Un prévenu de bientôt 22 ans, jugé hier matin pour sa participation à un car-jacking survenu à La Coulée dans l’après-midi du 11 juin 2024, s’est évanoui en cours d’audience.

Un bruit sourd. Il est 8 h 26, ce mardi, dans la salle du bas, au tribunal correctionnel de Nouméa, quand un homme, bracelet de surveillance électronique (lié à une précédente affaire) lui enlaçant une cheville, s’écroule. Dans sa chute, il tente de se retenir, sans y parvenir. Sa tête manque, pour quelques centimètres, de rebondir sur un rebord métallique au sol, évité de peu. Il ne saigne pas mais a, durant les premiers instants post-choc, les yeux révulsés : il restera allongé durant trois quarts heure, avec à son chevet, entre autres, un policier et Me Sophie Devrainne. Le malheureux, qui souffre d’«allergies alimentaires», également «dépressif et suicidaire» selon son avocate, évoquera une chaleur trop importante dans la salle. Appelés, les pompiers sont intervenus pour lui porter assistance. Soupçonnant un traumatisme crânien, ils l’ont conduit au Médipôle, pour des examens. L’audience a repris à 9 h 16. Le dossier en cours d’instruction n’est évidemment pas allé à son terme : il a été renvoyé au 16 mai.

Mémoire défaillante ou crainte de représailles ?

Avant ce coup de théâtre, le mis en cause, casier judiciaire vierge et qui en attendant ce jugement était placé sous contrôle judiciaire avec obligation de rester à l’île des Pins (sauf rendez-vous avec la justice), essayait de minimiser son implication dans ce vol avec violence et en réunion. Ce mardi 11 juin, sur la commune du Mont-Dore, un Citroën Berlingo vert est arrêté, sur la route au niveau de l’école La Rizière, à La Coulée, par un homme habillé en sombre, visage dissimulé et porteur de lunettes de soleil. Celui-ci prétexte un problème. Quelques secondes plus tard, il fait sortir de force la conductrice et son accompagnateur, les menaçant avec un tesson de bouteille de whisky. Le véhicule terminera à Saint-Louis, ne sera jamais retrouvé. Le prévenu assure qu’il n’est pas l’auteur des faits, que c’est un cousin, décrit comme turbulent et décédé depuis. Lui aurait simplement été présent à proximité et, dit-il, craignant de se faire renverser par la voiture qui suivait, il aurait sauté sur le capot du véhicule volé par son cousin, avant d’y pénétrer, de s’installer sur le siège passager puis d’être déposé devant chez lui, dans la tribu de Saint-Louis. Un habitant, se disant témoin de la scène, assure, lui, que le prévenu était bien le voleur, et qu’il était seul… Lors d’une confrontation, ce témoin s’est, étrangement, montré «de plus en plus flou», avec des «pertes de mémoire», dixit le président du tribunal. Le mis en cause, homonyme de l’un des commanditaires présumés des émeutes déclenchées en mai, le réaffirme: il s’est « incrusté» dans ce vol, rien de plus. Et c’était «sans le vouloir ».

Anthony Fillet

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