La Nouvelle-Calédonie accueille donc un séminaire régional consacré à la lutte contre le narcotrafic, et il faut saluer l’initiative. Ce séminaire montre, en fait, dans quel état se retrouve aujourd’hui la région Pacifique. Une région maritime, certes, mais qui devient une autoroute pour tous les trafics, ne vient-on pas de mettre la main sur un ballot de cocaïne à Wallis-et-Futuna ? Pendant longtemps, toutes ces affaires, ça ne nous a pas concernés. La came, c’était Medellin et la « French Connection », c’est dire à quel point nous étions loin de cette réalité, surtout chez nous, en Nouvelle-Calédonie, où, durant des lustres, les autorités se félicitaient que nous soyons épargnés par ces fléaux. Mais ça, c’était avant… Aujourd’hui, le trafic de cannabis continue de générer des profits colossaux, la cocaïne et d’autres drogues dures circulent de plus en plus, et pas seulement parmi la jet-set, et voilà que l’ice frappe à la porte ! On s’interroge donc sur comment faire pour réduire ces trafics. Or la seule question qui vaille, n’est pas de savoir comment lutter, mais comment se fait-il qu’il y ait autant de consommateurs, notamment en Nouvelle-Calédonie ? La drogue est un marché comme un autre : supprimez la demande et l’offre s’effondre. Une fois que l’on saura mieux pourquoi certains se mettent de la poudre dans le nez ou fument des pétards à longueur de journée à s’en faire péter les neurones, sans doute saurons-nous mieux comment tenter de juguler les trafics.
Lucien Lacombe

