Le 24 octobre dernier, à Nouméa, des établissements de nuit et une centaine de personnes ont été contrôlés dans le cadre du comité opérationnel territorial anti-fraude (COTAF). Les infractions et manquements constatés sont inquiétants pour un périmètre aussi restreint.
Le Haut-commissariat vient de révéler l’information sur ses réseaux sociaux. Il y a plus d’une semaine, entre 22 h et 4 h du matin, 19 établissements de nuit et quatre sociétés spécialisées dans le domaine de la sécurité ont été inspectés de fond en comble lors d’une visite surprise massive des forces de police. Soit, autrement dit, l’intégralité des boîtes de nuit de la ville qui ont été visitées en une seule soirée. Un coup de filet de grande ampleur, qui a nécessité la coordination de six services différents venant de plusieurs organismes : CAFAT, douanes, services fiscaux, police municipale… et dont l’action a été orchestrée par la police nationale.
Résultat : 144 personnes contrôlées dans plusieurs établissements de nuit de Nouméa, et de nombreuses surprises : près d’une dizaine de dissimulations de salariés et d’activité, des infractions au code de la sécurité intérieure et à la sécurité des établissements, mais aussi des infractions liées à la vente d’alcool et à la détention de stupéfiants (du cannabis). Un poing américain a même été retrouvé dans l’un des sites concernés.
Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg
Une soirée très fructueuse, mais qui a de quoi inquiéter : rien qu’à Nouméa, combien de manquements de ce type ont réellement lieu toute l’année si autant ont été découverts en une seule soirée ? C’est pour tenter de freiner ces fraudes que le COTAF a été créé en 2019 en Nouvelle-Calédonie. Placé sous la coprésidence du Haut-commissaire de la République, du président du gouvernement et du procureur de la République, il combat toutes les formes de fraudes (travail dissimulé, fraudes aux prestations sociales, travail illégal, infractions fiscales ou douanières, jeux illégaux…) pour garantir une concurrence loyale entre les acteurs économiques, mais également pour protéger les consommateurs. Son efficacité démontrée, ce genre de comité opérationnel a été développé dans des territoires d’Outre-mer. S’agissant de la quinzaine de délits constatés ce soir-là, des investigations complémentaires sont en cours.
Jade Esposito

