Autant la poupée de Polnareff dit oui, autant le FLNKS dit et répète non, un Niet permanent à la Khrouchtchev. Le seul non auquel ne s’est pas résolu le Front, c’est celui exprimé à trois reprises contre l’indépendance, lors des référendums. Le non du FLNKS est plus prégnant encore lorsqu’il s’agit du nickel. Par idéologie ou choix économique, « le métal du diable » est en effet le produit grâce auquel l’indépendance pourrait être financée, y compris en vendant à la Chine, et donc possiblement viable. Les indépendantistes s’opposent donc à tout ce qui pourrait faire échapper un gramme de nickel au financement du projet d’indépendance. Et cette affaire remonte à belle lurette, ainsi au « préalable minier » qui a bien failli faire capoter l’accord de Nouméa, et s’est poursuivie à plusieurs reprises, avec l’opposition au Pacte Nickel ou encore aujourd’hui avec ce MoU avec l’Union européenne. C’est la stratégie du FLNKS qui connaît toutefois de gros et graves échecs, et l’on pense à l’usine du Nord aujourd’hui fermée après le licenciement de tous ses employés et l’appauvrissement de toute une province. Le souci est que les indépendantistes se refusent à envisager autre chose que leur stratégie nickel mortifère, ce qui laisse augurer des moments encore bien difficiles pour la filière, en particulier dans le Nord. Mais c’est à cela que mène le fait de dire toujours non !
Lucien Lacombe


