Don d’organes : ce qu’il faut savoir sur le Caillou

Lundi 22 juin se tenait la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe. En Nouvelle-Calédonie, le don d’organes est une démarche possible de son vivant ou après le décès, mais limitée aujourd’hui à la greffe rénale.

Dans le cadre d’un don de son vivant, si des patients calédoniens souffrant d’insuffisance rénale ont longtemps été greffés en Australie ou en Métropole grâce au don d’un proche – un ami, son époux ou encore de la famille, par exemple – les prélèvements comme les greffes rénales sont désormais réalisés localement, par des praticiens du territoire. La procédure est celle la Métropole, et est strictement encadrée : un comité d’experts auditionne le donneur potentiel afin de vérifier qu’il a bien été informé des risques encourus, des conséquences du prélèvement et des résultats attendus pour le receveur.

Le don post mortem concerne, lui aussi, uniquement les reins. Il peut être envisagé lorsqu’une personne décède à l’hôpital en état de mort encéphalique, c’est-à-dire après l’arrêt irréversible de l’activité cérébrale. Dans ces situations, les organes sont maintenus artificiellement en état de fonctionner jusqu’au prélèvement. Le corps du défunt est ensuite traité avec respect, puis rendu à la famille.

Un besoin important de donneurs

Pour les patients atteints d’insuffisance rénale, la greffe de rein constitue, lorsqu’elle est possible, le meilleur traitement. Elle peut permettre d’éviter une dialyse à vie et d’améliorer fortement la qualité de vie. Mais les besoins restent importants. « Nous avons beaucoup de patients insuffisants rénaux par rapport à la population du territoire, et donc beaucoup de personnes en attente de greffe. Et nous manquons cruellement de donneurs », souligne l’équipe de coordination hospitalière prélèvements et greffes d’organes.

Les possibilités de prélèvement après décès demeurent, elles, très limitées. Les situations de mort encéphalique sont rares : selon la DASS, elles représentent environ 1 % des décès hospitaliers. D’où l’importance du don vivant, lorsque celui-ci est possible.

Sébastien de Bermont, opéré mi-2022 au Médipôle, a donné un rein à son frère. « Le processus a duré presque huit mois, avec de nombreux tests de compatibilité et d’effort. Mon frère était ici, moi en France », raconte-t-il. Avant l’intervention, il reconnaît avoir « minimisé » ce que représentait un tel geste. « Je me suis rendu compte que donner une partie de son corps était un véritable bouleversement. Je suis sorti au bout de cinq jours, mais il m’a fallu un an et demi pour m’en remettre complètement. » Un témoignage fort qui est pourtant loin d’être une généralité alors que, comme le rappelle l’équipe de coordination hospitalière, le temps de récupération diffère selon les patients.

Son frère, atteint d’une maladie auto-immune, a ensuite vu la maladie repartir. « Mais nous avons gagné trois ans. Et si c’était à refaire, je le referais. C’est une chance, d’un point de vue médical, d’autant plus que cela a pu être réalisé sur place. »

Dire clairement sa volonté

Le message essentiel concerne la parole donnée aux proches. Pour le don post mortem, les équipes médicales doivent recueillir auprès de la famille le témoignage de la volonté du défunt. « Le plus important est donc d’exprimer clairement sa position à ses proches, qui pourront en témoigner auprès de l’équipe médicale », explique la coordination hospitalière. « Nous sommes très attentifs aux familles, et nous sommes là pour faire respecter la volonté du défunt, c‘est cela qui prévaut » poursuit-elle avant de préciser : « notre équipe est disponible tous les jours pour œuvrer aux besoins des patients, ou à ceux qui auraient des questions. Il ne faut pas hésiter à nous rencontrer, il n’y a pas de questions bêtes. »

Une personne opposée au don peut s’inscrire sur le registre national des refus, accessible dès l’âge de 13 ans. Ce registre est systématiquement consulté lorsqu’un donneur potentiel est identifié.

I.L.R.

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