Au procès des quatre braqueurs, silence et incompréhensions dominent les débats

Après avoir longuement détaillé le déroulement du braquage de la station-service du Mont Dore et de l’accident qui s’en est suivi le soir du 16 octobre 2022, les débats de mardi se sont centrés sur les témoignages des victimes et des accusés. Mais les échanges, confus, ont suscité plus de questions qu’ils n’ont apporté de réponses.

La deuxième journée du procès doit démarrer dès 8 heures du matin. Pourtant, à 8h30, la salle demeure étrangement vide : seuls quelques policiers courent dans tous les sens. Quelques minutes plus tard la situation s’éclaire : les quatre mis en cause refuseraient désormais d’être assis côte à côte dans le box des accusés. C’est ainsi que Rudy W., considéré comme la tête pensante de l’affaire, est désormais placé de l’autre côté de la salle de la cour d’Assises, au milieu des civils, entouré de plusieurs policiers. « Il ne vaut mieux pas qu’ils restent à côté », chuchote l’un des responsables de la sécurité. Le ton est donné.

Le 16 octobre 2022, quatre hommes font irruption dans une station-service du Mont Dore et volent 350 000 francs de marchandises et de billets, armés d’un fusil, avant de prendre la fuite. La pompiste, principale victime du braquage, prend la parole. D’abord injoignable, les huissiers ont obtenu son témoignage en visioconférence, en direct de Mata Utu à Wallis, où elle vit désormais. « J’ai quitté la Nouvelle Calédonie à cause de cette agression. J’ai largué mon travail », explique-t-elle. Béatrice M. est sur le point de finir sa journée de travail quand la voiture blanche appartenant à Rudy W. se gare à la station. Elle fait le plein, sans apercevoir que les hommes sont armés et cagoulés. « Quand je me suis avancée pour leur annoncer le montant à régler, je vois deux fusils qui me pointent, et deux hommes me demandent ma sacoche. Je suis partie en courant. Ils étaient tous cagoulés. » L’employée prend la fuite. « Je suis partie en Calédonie travailler pour mes enfants. Pas pour qu’on vienne me menacer avec un fusil. J’avais peur, et je ne voulais pas laisser mes enfants orphelins », évoque la Wallisienne de 39 ans, au bord des larmes.

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Jade Esposito

 

 

 

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