Le FLNKS a levé le voile hier sur la liste qu’il présente en province Sud. « Kanaky pour tous », conduite par Johanito Wamytan, revendique à la fois le changement et le rajeunissement.
La liste a été présentée lors d’une conférence de presse, aux allures de meeting devant une cinquantaine de militants, au Mwa Kââ, parfois sous une pluie battante. Une conférence de presse pour présenter la liste, son intitulée et quelques-uns des colistiers. Elle est présentée comme une liste « unitaire » puisqu’elle regroupe toutes les composantes du nouveau FLNKS, quelques membres de la société civile et de l’UPK (Unité du Peuple en Kanaky) de création récente et présenté comme un regroupement de dissident du Palika. La liste du FLNKS en province Sud est présentée comme placée sous le signe du renouvellement. En effet, aucun des ténors présents dans le champs politique depuis des décennies ne se trouvent dans les premières places.
Si Johanito Wamytan conduit cette liste on trouve ensuite dans l’ordre : Oriane Trolue du Mouvement des Océaniens indépendantistes (MOI), Dominique Fochi, Marie-Pierre Goyetche, Joe Atnoua, Amandine Darras, Lucia Kotra, Jean-Patrick Toura, ancien maire de Thio, et Laurie Humuni. « Effectivement, explique Johanito Wamytan, il y a une volonté de passation de relais. Nos anciens sont là pour nous accompagner dans la démarche. Et il y a une réponse aussi qui est apportée par la population qui sollicite ce renouvellement. C’est l’ambition du FLNKS que de passer le bâton pour notre génération, tout en maintenant, en préservant celles et ceux qui ont conduit ce combat depuis ces quarante dernières années ».
Une liste présentée comme « unitaire »
Le FLNKS ne parle pas de liste d’union comme celle des non-indépendantistes, mais de liste « unitaire » en ce qu’elle rassemble les nouvelles composantes du Front, élargie à quelques-uns. « On est allés au-delà du FLNKS, tient à préciser Johanito Wamytan. On a des personnes de la société civile qui sont sur cette liste, on a l’UPK avec nous. On est sorti du champ du FLNKS et rien n’était joué. Ce n’est pas parce que nous sommes au sein d’un front de libération que les uns et les autres n’ont pas des ambitions. D’ailleurs, ça va être le marqueur qui va être posé dans le Nord et les îles où chacun pourra tirer historiquement comme il le fait habituellement. Nous avons voulu, nous, dans le Sud, réaffirmer l’unité, tout comme on l’a fait en 2019 pour les élections provinciales. Nous avons voulu réaffirmer cette unité avec une notion d’ouverture avec celles et ceux qui veulent venir avec nous pour mettre en Å“uvre notre programme au sein de cette institution qu’est la province Sud ».
Toutefois dans le Sud, le FLNKS ambitionnait de rassembler avec lui ceux qu’il présente comme progressistes ou nationalistes, et l’on pense à l’UNI ou au MNIS, mais il n’y est pas parvenu. « Nous avons tenu les discussions, les débats ont été faits, a assuré Johanito Wamytan. Certains ont des ambitions, d’autres ont des difficultés à bouger leurs lignes, mais au bout d’un moment, il faut qu’on parte sur le terrain, il faut qu’on fasse campagne. On n’est plus en mesure d’attendre parce que les enjeux sont très importants pour nous. Il est nécessaire pour le Front de pouvoir partir en temps et en heure afin d’atteindre nos objectifs ». Dans ces conditions de divisions, Johanito Wamytan appelle les militants et sympathisants indépendantistes au vote utile. « Il est nécessaire de rappeler aux uns et aux autres qu’il faut aussi penser sérieusement à la manière dont les personnes votent, déclare-t-il. Pour passer aujourd’hui les 5% des inscrits, pour pouvoir participer à la distribution des responsabilités à la province Sud, il faut faire plus de 6300 voix. Nous, le FLNKS, quoi qu’on en dise, on passe la barre des 6300 voix. Il se pose la question de savoir si celles et ceux qui souhaitent partir tout seuls pourront arriver à franchir cette barre. Moi, j’appelle aujourd’hui, et nous appelons nous, avec cette liste ‘’Kanaky pour tous’’ à ce que les électeurs puissent réfléchir sérieusement au choix qu’ils feront le 28 juin prochain ».
Une liste et un programme
Pour le FLNKS l’enjeu de ces provinciales est capital, Dominique Fochi a ainsi précisé qu’en cas de victoire des non-indépendantistes, le processus de Bougival, qui n’est qu’à l’arrêt, pourrait être relancé. Pour cette liste du FLNKS dans le Sud, dont le slogan est « Un pays, un peuple, un avenir commun », l’ambition est de « changer ensemble la province Sud ». Le FLNKS entend défendre un programme économique et social. « Notre projet repose sur une approche simple, explique-t-il, remettre le travail, la justice sociale, la sécurité et la dignité au cœur des priorités. Nous voulons une province qui protège réellement ses habitants, qui soutient les familles et qui accompagne les plus fragiles, tout en créant des emplois durables et en soutenant les entreprises et les travailleurs du pays ».




