Il aura fallu trois mois pour faire le constat que, privées d’avions, les Loyauté ne pouvaient que glisser dans la misère économique, sociale et sanitaire la plus profonde. Le Grand Chef du Wetr a donc sifflé la fin d’une récréation qui n’aurait jamais dû débuter, mais nous sommes en Calédonie, nous sommes aux îles, où l’ubuesque habille parfois la réalité, au détriment d’une population mortifiée, mais silencieuse et donc complice. Les avions d’Aircal devrait revenir au moins à Lifou, et on ne sait même pas s’il faut s’en réjouir : n’est-ce pas trop tard en effet ? Quels sont les ressorts aujourd’hui dont dispose la compagnie domestique pour éviter de disparaitre après les coups que lui ont porté des collectifs fumeux, coutumièrement suspects, mais politisés indépendantistes ? L’État, la Nouvelle-Calédonie, la province, la commune, la coutume, tous ont regardé faire sans jamais lever le petit doigt ni même s’émouvoir, et tout cela pendant trois mois ! Mais dans quel pays du monde même le plus arriéré, cela serait-il possible ? Peut-être qu’Air Calédonie va s’en sortir, peut-être que les centaines de salariés de la compagnie vont conserver leur travail, c’est ce qu’il faut espérer, mais quel incroyable gâchis, quelle stupéfiante situation qui font douter de la volonté et du désir de développement de certains !
Nicolas Vignoles




