Les choses se mettent peu à peu en place, mais pas si rapidement que la brièveté de la campagne électorale pouvait le laisser supposer. Il s’avère en effet que pour certains les choses sont un peu plus compliquées qu’il n’y paraît, et qu’il n’est pas si évident que cela que de composer une liste et de définir un programme. Chez les indépendantistes, l’ambition de listes unitaires n’est pas aussi simple à réaliser, et certains choix surprennent comme celui de ne pas conforter Mathias Waneux aux îles par exemple. Il semble aussi que les sympathisants de l’UC-FLNKS souhaiteraient que l’on en termine avec la mainmise de la CCAT, qui a sans doute pesé sur les résultats en demi-teinte des municipales. Au centre aussi, c’est compliqué, surtout si le centre se définissant ni pour les indépendantistes ni pour les non-indépendantistes, appelle néanmoins à « aller chercher un maximum de voix pour empêcher la droite de siéger » dans le Sud, comme l’a affirmé Milakulo Tukumuli ! Tout ça alors qu’en fait, pour ces provinciales, le choix est simple puisqu’il s’agira de voter pour ou contre les listes CCAT et celles qui, sous couvert de dialogue, de consensus et de troisième voix, ne s’y opposent pas. C’est le premier vrai scrutin post-insurrection et post 13 mai 2024. Ces élections seront donc l’occasion de solder dans les urnes le traumatisme né des violences, des destructions, de la haine et du racisme.
Nicolas Vignoles



