Visiter l’Assemblée nationale ne laisse personne indifférent. On est saisi, non seulement par le cérémonial et les ors, mais par le poids d’Histoire que renferme le lieu. Ça n’est pas qu’un endroit de pouvoir, c’est bien là que se vivent les heures les plus sombres comme les plus glorieuses de notre pays, et ce de Danton à Clémenceau, de Jaurès à Malraux. Le visiteur se retrouve, surplombant l’hémicycle, le cœur et l’âme remplis de respect. Mais ça, c’était avant ! C’était avant qu’une inutile et stupide dissolution donne l’occasion aux Français d’éparpiller le politique façon puzzle, et de priver le pays d’une majorité qui gouverne, n’eusse-t-elle été que relative. La Nouvelle-Calédonie s’est confrontée autant à l’émiettement politique actuel qu’à sa médiocrité, dans une Assemblée parsemée de partis politiques multiples, mais sans colonne vertébrale ni courage, créés pour soutenir des ambitions personnelles et porter des destins qui se pensent nationaux. D’un bord à l’autre de l’hémicycle, sur ces fauteuils que tant de grands noms occupèrent, on joue l’avenir du Caillou comme une partie de bonneteau, porte de Clignancourt, où les Calédoniens sont les grands arnaqués. Non, le Caillou n’a plus son destin en main et depuis longtemps sans doute. Il est aux mains de gens dont la sincérité questionne, le courage abandonne et les postures étonnent. Pauvres de nous !
Nicolas Vignoles




