La sémantique c’est l’étude du sens des mots, et il se trouve qu’à notre époque et plus particulièrement en Nouvelle-Calédonie, la sémantique prend une plus grande importance que d’ordinaire. Prenons un vocable qui fait florès en ce moment sur le Caillou, celui d’ajustement. Selon le Larousse, l’ajustement c’est « l’action d’adapter quelque chose à quelque chose ». Par exemple, l’inscription des natifs sur la liste électorale provinciale est une adaptation au gel du corps électoral, ou bien encore + 4% sur les billets Aircalin, c’est un ajustement des tarifs des billets à ceux du kérosène. Et tout ceci est parfaitement juste, ce sont bien en effet des ajustements. Mais c’est là que l’on use de la sémantique pour modifier la réalité sans changer le sens des mots. Car l’inscription des natifs, ça n’ajuste pas le fait que le corps électoral calédonien demeure très largement gelé, et par ailleurs + 4% ça demeure une augmentation qui fait que depuis le début de la crise les prix des billets d’Aircalin ont connu une hausse en moyenne de 11,6%. En fait plutôt que de parler d’ajustement dans ces deux exemples, il eut été mieux de parler de « variable d’ajustement », c’est-à -dire ce que l’on modifie en premier en fonction d’un besoin auxquels il faut s’adapter. Dans les cas présents, les natifs et les prix auront été les variables d’ajustement.
Nicolas Vignoles



