En dépit du beau temps de ce samedi matin, cadres, élus et référents de Générations.nc se sont retrouvés au Mont-Dore, en conseil politique. Une réunion pour dresser le bilan des municipales et évoquer les prochaines provinciales.
Né il y a sept ans en juillet 2019 de la rupture avec un homme, Philippe Gomès, et d’un parti, Calédonie ensemble, Générations, est un parti jeune qui aura été lancé très tôt dans le grand bain des élections. Mais le message, la façon de faire et le positionnement politique auront très vite séduits. Lors de ces dernières municipales, le parti créé par Nicolas Metzdorf et Nina Julié a remporté les mairies du Mont-Dore et de Dumbéa, mais est également présent dans de très nombreuses majorités municipales, ainsi à Nouméa, à Païta, à Koné ou encore à Koumac. « Nous sommes le parti qui a le mieux progressé, qui est dans la meilleure dynamique, a ainsi souligné Nina Julié, nouvelle maire du Mont-Dore et première vice-présidente du mouvement. L’on s’inscrit maintenant de façon sérieuse, forte et renforcée dans le paysage politique chez les non-indépendantistes notamment. » Autant dire que le mouvement change de format puisque ses résultats le place comme le premier parti politique non-indépendantiste. Et cela se voit ainsi dans son fonctionnement. « Aujourd’hui, déclare Nina Julié, nous passons d’un format de conseil politique à 37 personnes à un format de conseil politique à 102, parmi lesquels 69 élus ».
Le conseil politique aura donc été l’occasion d’analyser les raisons de ce succès. « L’un des enseignements majeurs que l’on tire de ces élections, c’est que l’union, partout où elle a été possible, a été validée par les électeurs », a déclaré pour sa part le nouveau porte-parole Loïc Basset-Creugnet. Soulignant que l’union des non-indépendantistes figurait dans l’ADN de Générations depuis sa création, Loïc Basset-Creugnet insiste sur le fait que « les électeurs ont sanctionné ceux qui étaient hors des unions et ont validé tous ceux qui ont prôné ce rassemblement ». « C‘est un message selon nous très clair », dont il faut tirer les leçons, « pour pouvoir dépasser les logiques de division, pour privilégier l’efficacité, la cohérence et le rassemblement desormais ».
Et maintenant les provinciales
Si la date des prochaines provinciales n’est pas encore officiellement connue, même si tout semble indiquer qu’elles auront lieu le 28 juin, Générations.nc, au même titre que bien des mouvements politiques, se met en ordre de marche. « Pour nous, explique Nina Julié, les lignes de force que l’on doit retrouver maintenant dans cette future campagne des élections provinciales, c’est cette ligne qui défend une Nouvelle–Calédonie dans la France, le respect des règles, la sécurité, la fermeté face au respect de la démocratie ». Et pour la maire du Mont-Dore, Générations compte bien mettre en avant les valeurs et les convictions qui ont présidé à sa création. « Ce sont également des valeurs que nous avons portées lors de cette campagne municipale, poursuit l’élue. Des valeurs très simples mais, post-émeutes, qu’il nous semblait important de rappeler aux Calédoniens : c’est la démocratie, le respect des autres, c’est également le vivre–ensemble et pour nous le vivre–ensemble ça passe encore une fois par le respect des règles et les valeurs de travail également. Ce sont toutes ces valeurs que nous continuerons de porter qui sont l’ADN de Générations et que nous retrouverons dans cette campagne des provinciales. »

Juste une mise au point
Une campagne provinciale entamée dans une certaine cacophonie par un communiqué du Rassemblement attribué à Alcide Ponga, dont nous avons parlé, et qui sous couvert de prôner l’union non-indépendantiste à ces provinciales, propose de faire conduire cette liste d’union par une personnalité, Nicolas Metzdorf ou autre, qui ne soit pas Sonia Backes. Cette initiative a semé le trouble chez les non-indépendantistes, et on attendait les éclaircissements des responsables de Générations. « D’abord, on fait partie d’une fédération de mouvements qui s’appelle les Loyalistes, composée de trois mouvements, Générations NC, le Mouvement populaire calédonien de Gil Brial et les Républicains calédoniens de Sonia Backes, rappelle le député Nicolas Metzdorf. Nous sommes attachés à ce format. C’est un format qui nous a permis de remporter de nombreuses élections depuis qu’on l’a créé ». Si pour Nicolas Metzdorf, « rien ne se fera en dehors de cette fédération des Loyalistes », il convient que cette alliance doit s’élargir au Rassemblement. « Les échéances provinciales étant les élections les plus importantes en Nouvelle-Calédonie, dit-il, l’unité des non–indépendantistes doit être, comme je le disais, la plus large possible en province Sud, en province Nord et aux Loyauté ». Et, dans ce contexte, il estime que, dans le Sud, « Sonia Backes doit être conduite à la présidence de la province ». « Aujourd’hui, le bilan de Sonia Backes à la province, on le partage. Générations a fait partie de la majorité, donc ne pas reconduire Sonia Backes à la présidence, ce serait se dédire par rapport à nos votes et à notre soutien qu’on a apporté à sa politique », a-t-il ajouté. Et le député Nicolas Mertzdorf d’être clair : « Il ne faut pas compter sur moi, sur nous, pour faire le jeu de nos adversaires, à savoir créer une désunion dans un camp qui vient de remporter largement les élections municipales. » Et de conclure : « Je ne vais pas me présenter à toutes les élections que Dieu fait en Nouvelle-Calédonie. »
« Que l’Etat prenne ses responsabilités »
En marge de ce qui s’est dit lors de ce conseil politique, le député Nicolas Metzdorf a été intérrogé sur les réunions qui ont lieu en ce moment avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu. « Je suis fatigué de répéter à l’Etat qu’il n’obtiendra aucune concession de la part du FLNKS, qui n’a aucun intérêt à faire de concession, puisqu’à chaque fois qu’il durçit le ton, l’Etat se couche, a déclaré Nicolas Metzdorf très critique vis-à-vis du gouvernement métropolitain. A un moment donné, ce que je souhaite et je l’ai dit à Sébastien Lecornu, c’est que l’Etat prenne ses responsabilités, et que, s’il y a des élections provinciales fin juin, il ouvre le corps électoral sans attendre la validation du FLNKS, qui ne viendra pas ». Estimant qu’il « faut continuer à discuter entre gens de bonne volonté, à savoir ceux qui ont signé un accord et ceux qui se tiennent », Nicolas Metzdorf voit dans Sébastien Lecornu un politique qui, comme d’autres avant lui, pense pouvoir obtenir quelque chose du FLNKS. « Ce n’est pas nous qui voulons faire sans le FLNKS, dit-il, c’est lui qui veut faire sans nous ». Dans ces conditions, « vous ne pouvez pas décemment donner le point au FLNKS en organisant des provinciales avec un corps électoral fait. Le signal envoyé de la France à la Nouvelle-Calédonie serait désastreux ». Le député Metdorf a révélé que Sébastien Lecornu souhaitait organiser des réunions dans un format bilatéral, mais « ça ne changera rien », expliquant qu’une première tentative de bilatérale avait dû être annulée, le chef de délégation du FLNKS ne s’étant pas présenté à la visioconférence.

N.V.



