Le président de l’Union des hôtels de Nouvelle-Calédonie, qui représente 80 % des établissements du territoire, alerte sur l’effondrement du secteur. À Nouméa comme dans les îles ou dans le Nord, il décrit une filière à bout de souffle, frappée par l’absence de touristes, la chute du tourisme d’affaires et une image du territoire durablement dégradée.
Dans quel état se trouve aujourd’hui l’hôtellerie calédonienne ?
Dans un état catastrophique. Cela fait déjà plusieurs années qu’on alerte, mais aujourd’hui nous sommes arrivés à un point critique. Dans le Grand Nouméa, les hôtels tournent entre 15 et 20 % de taux d’occupation. Certains établissements sont dans une situation encore plus dégradée. Le Méridien, par exemple, est à 6 % d’occupation. À ce niveau‑là, on ne tient pas. Quand vous perdez l’immense majorité de votre chiffre d’affaires, vous ne pouvez pas continuer très longtemps.
Pourquoi en est‑on arrivé là ?
Parce qu’il n’y a plus de touristes. Et parce qu’une partie de l’hôtellerie vivait aussi du tourisme d’affaires, c’est‑à‑dire des déplacements professionnels : collaborateurs, techniciens, salariés en mission. Toute cette clientèle était en grande partie liée à l’activité minière. S’il n’y a plus de mines, il n’y a plus non plus ces personnes à loger. Et la crise touche tout le territoire. Dans les îles, ce n’est pas 1 % de remplissage, c’est 0 %. Tous les hôtels vont fermer si la situation reste la même. Dans le Nord, il en va de même : ce n’est pas un problème limité à Nouméa.
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Propos recueillis par Ide de La Rochebrochard



