Au sortir du premier tour, il y a ceux qui ne se sont pas qualifiés et ceux qui ont passé la barre mais dont les chances de succès sont minces, on les dits en « ballotage défavorable ». Alors cela suscite des rancœurs bien sûr, de l’amertume, de la frustration et peut-être même de la colère à l’égard du « public qui n’a rien compris » comme le chantait Aznavour. Et visiblement cela produit quelques effets sur la campagne de ce second tour, où ici ou là, le ton s’est quelque peu durci. Les attaques à l’encontre de ceux qui sont arrivés en tête ou ont une chance de l’emporter sont à la fois plus nombreuses, plus sournoises, plus insidieuses. On ressort quelques vieilles méthodes tout comme on se déchaîne sur les réseaux sociaux, pollueurs de la démocratie. Nous n’étions pas forcément habitués à ces façons de procéder qui ne desservent que ceux qui en usent, et dont il n’est pas certain du tout qu’elles soient bien appréciées des électeurs. En Nouvelle-Calédonie en effet on aspire à autre chose qu’à ces déchainements, ces manières impropres au combat politique des idées. Dans un certain sens, il est temps que la campagne s’achève et que les choses soient enfin posées. Mais ces débordements ne laisseront-ils pas de traces ? Seront-ils sans conséquence ? Il n’est pas sûr que les choses s’apaisent au sortir du 22 mars et que les choses reprennent leur cours comme si rien ne s’était passé, comme si rien ne s’était dit.
Nicolas Vignoles



