Avec déjà 21 jours de précipitations sur 26, ce mois de février est très pluvieux, mais les cumuls ne sont pas particulièrement importants, estime Météo France NC. La cause des inondations de ces derniers jours s’explique par la saturation des sols en eau.
Février 2026 aura été très pluvieux, puisque nous étions déjà hier à 21 jours de pluie sur 26, contre 14 en moyenne pour ce mois considéré comme le plus chaud de l’année. En cause, « une succession de temps perturbés avec des minimums dépressionnaires et des lignes de convergence », explique Thomas Abinun, climatologue à Météo France NC. « On a eu deux périodes très arrosées : entre le 14 et le 18, et depuis le 22, sachant qu’en amont et entre ces deux périodes il y a aussi eu des pluies régulières ». Les cumuls ne sont pas du tout exceptionnels, avec 340 millimètres en moyenne pour une normale de 230, soit « + 50% seulement ».
« L’ensemble du pays concerné par des précipitations en continu »
Les phénomènes d’inondations et de routes coupées sont dûs à des sols gorgés d’eau. « L’ensemble du pays a été concerné par des pluies en continu. C’est cela qui fait déborder les cours d’eau. Les mêmes précipitations tombant sur des sols asséchés seraient absorbées. Pour cette même raison, la population a un sentiment que ces pluies sont particulièrement importantes, pourtant ce n’est pas le cas », précise Thomas Abinun. L’autre raison pour laquelle les cumuls restent relativement faibles malgré la fréquence du mauvais temps, c’est l’absence, jusqu’ici, de dépression ou de cyclone, « qui font immédiatement gonfler les valeurs ». Le seul record est détenu par Maré : la station de Tadine a enregistré « le plus fort cumul depuis 1952, avec 500 millimètres de pluie depuis le début du mois ».
Une Niña qui persiste jusqu’à la fin du premier trimestre
Si l’on découpe le territoire par zones, on relève des cumuls de 265 millimètres sur la côte Ouest, pour des normales de 175 mm ; de 400 millimètres pour la côte Est, pour une moyenne de 190 mm, soit cette fois un peu plus du double ; et sur les Loyautés, 475 mm de cumuls contre 305 pour les normales « soit du + 55% », précise Thomas Abinun. C’est le mois de mars qui enregistre habituellement le maximum de pluies, « lesquelles commencent à décliner vers le mois d’avril, mais jusque-là grosses pluies, dépressions et cyclones sont toujours possibles ». Le temps est toujours sous l’effet de la Niña, qui tend à s’estomper. « On devrait en sortir après le premier trimestre ; on a un environnement qui semble propice à un Niño pour la suite, mais on n’aura pas de certitude avant le mois de septembre », annonce encore Thomas Abinun. Il n’existe aucun lien de cause à effet entre le mois de janvier exceptionnellement chaud que l’on a connu cette année, « avec des températures cette fois exceptionnelles et sur une longue distance », rappelle Thomas Abinun. Des valeurs remarquables de 38 degrés et de 36,1 degrés avaient en effet été observées à Tontouta et à Nouméa à la mi-janvier, et deux records de chaleur « absolus » enregistrés à Tadine avec 35,6 degrés, et à Chépénéhé sur Lifou, avec 36,6 degrés, tout début février. Des températures à lier indubitablement, pour le climatologue, « au réchauffement climatique ».
Isabelle Peltier



