La mise en œuvre de Bougival, seul accord qui a pu être négocié et signé depuis la fin des référendums, est compliquée pour de multiples raisons. D’abord parce qu’à l’orée de la présidentielle, la Nouvelle-Calédonie est redevenue un enjeu de politique intérieure. Ensuite parce qu’à l’intérieur même de la classe politique calédonienne, certains défendent des postures incohérentes pour des raisons liées à leurs égos, leurs ambitions personnelles, leur appétit de pouvoir. C’est ce qui explique que des signataires ont retiré leur signature, que d’autres signataires ne soutiennent plus les accords ou s’abstiennent comme vient de le faire Georges Naturel au Sénat. Et cela parce qu’il y a les provinciales qu’ils espèrent remporter, réclamant avec insistance qu’elles se tiennent le plus rapidement possible, en juin prochain, afin que leurs adversaires ne profitent pas d’une « prime à Bougival ». Tous ceux-là participent donc au chaos institutionnel et politique, au détriment d’une Nouvelle-Calédonie qui se délite, s’appauvrit, se désespère. La mise en œuvre de ces accords, pour lesquels les négociations furent ardues et difficiles, est une bataille au sein de laquelle sans doute, « les ennemis de l’intérieur » font le plus de mal et de dégâts.
Nicolas Vignoles



