En rejetant massivement le budget 2027, l’Assemblée nationale a renvoyé le texte au Sénat dans sa version initiale. Pour la Nouvelle-Calédonie, l’enjeu tient aux engagements financiers de l’État, désormais suspendus à un calendrier incertain.
Comme l’an passé, l’Assemblée nationale a unanimement rejeté en première lecture le projet de budget de l’État pour 2027. Par conséquent, tous les amendements adoptés en commission des finances et au cours des débats dans l’hémicycle sont tombés, y compris ceux qui concernaient la Nouvelle-Calédonie. Le Sénat, qui se saisira du texte à partir du 20 novembre, repartira du texte initial du gouvernement.
L’État doit prendre ses responsabilités
C’est précisément dans ce texte initial que figurent les engagements de l’État envers le territoire, obtenus par la mission transpartisane en septembre. Ces dispositions seront discutées au Sénat la semaine prochaine, et le député Emmanuel Tjibaou entend veiller au grain. « L’État nous a promis entre 400 et 460 M€ (entre 47,7 et 54,9 milliards de francs, ndlr) pour 2027, rappelle-t-il sur les réseaux sociaux. Ces engagements doivent être tenus, quel que soit le budget qui finira par être adopté ou quelle que soit la suite qui lui sera donnée ». Le député indépendantiste s’est toutefois abstenu, car si ce budget 2027 contenait selon lui « des avancées réelles pour Kanaky Nouvelle-Calédonie », il restait néanmoins « intenable » pour les classes moyennes et les Outre-mer (vie chère, transports, développement), selon ses mots.
Rien n’est perdu
Le député Metzdorf avait pour sa part déposé plusieurs amendements, dont plusieurs ont été adoptés, notamment l’un visant à construire une nouvelle prison à Ducos et un autre prévoyant d’exonérer les produits calédoniens de droits de douane à leur entrée en Métropole. Ces textes sont donc rendus caducs. Pour autant, le député Metzdorf estime que « le travail ne s’arrête pas là ». Malgré le rejet du texte, il assure que ses amendements peuvent être repris par le gouvernement dans la version définitive du budget 2027 et dit être entré en discussion avec le Premier ministre. « Si je n’avais pas déposé ces amendements, je n’aurais rien à négocier aujourd’hui », se satisfait-il. Et de conclure : « Je ne repars pas les mains vides. » Reste à savoir quel texte sortira du Sénat, puis de la nouvelle lecture à l’Assemblée nationale. Le gouvernement espère obtenir un compromis d’ici décembre. En cas de nouvel échec, Sébastien Lecornu aura trois options : dégainer un 49.3, recourir à des ordonnances ou s’en remettre à une loi spéciale, comme ces deux dernières années.
B.Z

