Les membres UC du gouvernement contestent la méthode d’élaboration du protocole sur les matières statégiques signé mardi avec l’Union européenne, et réclament des garanties pour les usines et l’emploi.
Au cas où on ne l’ait pas encore compris, le FLNKS ne veut pas du partenariat avec l’Europe. Après les trois communiqués publiés par le groupe Kanaky NC au Congrès, et celui du président de l’UC Emmanuel Tjibaou, c’est au tour des membres du gouvernement encartés à l’Union calédonienne de prendre la plume pour tirer à boulets rouges sur l’accord signé, mardi, par le président exécutif de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, et Milakulo Tukumuli. Dans un communiqué publié hier, Gilbert Tyuienon, Johanito Wamytan, Ernest Déméné et Méryl Marlier « contestent la méthode et la précipitation » avec lesquelles le protocole a été élaboré et signé. Les membres du gouvernement, actuel comme précédent, « n’ont pas été collectivement associés à sa préparation », déplorent-ils. Ils regrettent aussi que le communiqué annonçant la signature du MoU ait été publié au nom de l’ensemble du gouvernement.
Une méthode comparée à celle d’Emmanuel Macron
Les signataires regrettent que l’opération ait été conduite par « un ancien ministre du gouvernement français selon une méthode qui rappelle celle employée par le président Emmanuel Macron sur des dossiers politiques sensibles : un manque d’écoute et la volonté d’avancer sans réunir les conditions d’un accord local ». Cette manière d’agir « a contribué à détériorer le climat du pays », estiment-ils, et la reproduire sur le nickel « risque d’accentuer les divisions, alors que la relance exige de reconstruire la confiance ». Sur le fond, ils jugent que le protocole « ne comporte pas d’engagement de financement et ne garantit ni les achats, ni les prix, ni le maintien de nos capacités industrielles ». Ils déplorent qu’aucun candidat industriel européen à la reprise des trois usines ne soit « publiquement identifié à ce jour ». Ils demandent « un examen par les institutions locales du protocole et de sa feuille de route ».
« Il est temps d’avancer », plaide Mimsy Daly
Pendant que l’UC vocifère contre le partenariat signé avec l’UE, d’autres en vantent les mérites. C’est le cas de l’ancienne patronne du Medef, Mimsy Daly, aujourd’hui adjointe au maire de Nouméa. « C’est une très bonne nouvelle, après l’échec désastreux du pacte nickel », écrit-elle sur Facebook, regrettant que « certains élus aient choisi de ne pas en débattre ». Elle rappelle que seize autres pays ont déjà signé, dont le Canada, la Norvège, l’Australie ou le Chili : « Aucun n’est réputé pour brader ses ressources. » Le Groenland, « maître de son sous-sol », a lui aussi fait ce choix. Pour l’élue, « ce protocole n’impose rien » : c’est « un cadre qui ouvre des possibilités », qu’il s’agisse de financements, de formation ou de réhabilitation des sites miniers. « Il est temps d’avancer », conclut-elle.
B.Z

