Six campeurs, dont cinq mineurs, ont été violemment agressés dans la nuit du 15 octobre par un groupe de sept individus. Menacés avec un sabre d’abattis, frappés et poursuivis sur l’îlot, ils ont vécu une nuit de terreur. Hier, trois suspects ont été interpellés.
Ce devait être deux jours de camping entre amis, sur l’îlot Ange, à Païta. Cinq adolescents de 15 à 16 ans et une personne majeure y ont installé leurs tentes. La première nuit se déroule sans incident. Mais jeudi 15 octobre, vers 23 heures, sept individus débarquent sur l’îlot. Ils abordent les campeurs, leur demandent d’utiliser leurs braises pour faire cuire du cerf et leur proposent de l’alcool.
L’ambiance bascule lorsqu’un homme, qui semble exercer une certaine autorité sur le groupe, commence à agiter un sabre d’abattis et à frapper les arbres. Prétendant travailler dans le secteur de l’environnement et appuyé par l’un de ses acolytes, il reproche ensuite aux jeunes de polluer la plage avec des canettes. Une accusation par ailleurs contestée par les victimes, qui affirment que ces dernières ont été abandonnées par leurs agresseurs.
« Si ta copine ne sort pas, je la brûle »
La situation dégénère. Les sept individus commencent à frapper les campeurs, leur assénant notamment des coups de poing et de pied. Au milieu des violences, l’un d’eux s’approche d’une tente dans laquelle se trouve une adolescente de 16 ans. Il place un bidon d’essence à proximité et menace d’y mettre le feu. « Si ta copine ne sort pas, je la brûle avec la tente », lance-t-il. Deux jeunes parviennent à s’enfuir, mais leurs agresseurs partent à leur recherche autour de l’îlot, munis d’une lampe torche. La mineure restée dans la tente évoquera plus tard, devant les enquêteurs, une véritable « chasse à l’homme ». Les sept individus finissent par quitter les lieux à bord de leur bateau, emportant un bidon d’essence et trois chargeurs. Avant de partir, ils remercient les victimes « pour le combat ». Saisie de l’affaire, la brigade de gendarmerie de Païta a entendu les six victimes, dont le préjudice physique et psychologique reste à évaluer. Lundi 19 octobre, à 8 heures, trois suspects ont été interpellés : un mineur de 17 ans, et deux majeurs de 18 et 19 ans. Une enquête est ouverte pour vol et violences en réunion, ainsi que pour menaces de crime avec ordre de remplir une condition. Face à des faits « d’une gravité certaine », le procureur de la République, Yves Dupas, annonce vouloir mener les investigations « avec détermination », en vue d’un « traitement judiciaire rapide et ferme ».

