La France n’était obligée à rien. Arguant que nous sommes autonomes, si fiers même parfois de nous gouverner nous-mêmes, rien ne la contraignait à nous accorder l’aide que nous étions venus lui demander. Mais c’est la France, et c’est ainsi qu’elle aide et soutient ses territoires et ses populations. Certains feraient bien de ne pas l’oublier. Car ceux-là qui se gaussent des milliards que Paris va nous déverser, et accusent alors la France de vouloir nous recoloniser, sont les mêmes qui reprochaient à la même France de ne rien vouloir faire. C’est ça l’ingratitude des extrêmes, la petitesse des radicaux. Mais il faut dire aussi que les Calédoniens au travers d’une mission transpartisane qui a travaillé de concert et parlé d’une seule voix, a sans doute subjugué les allées du pouvoir, jusqu’à faire en sorte que tous les groupes politiques de l’Assemblée nationale, LFI et RN compris, signent un courrier commun réaffirmant leur « soutien indéfectible à la Nouvelle-Calédonie » ! A quand remonte une telle unanimité, cette sorte d’union sacrée pour sortir le Caillou de l’ornière et du marasme ? Le vrai succès de cette mission est là, davantage peut-être même que dans ses résultats financiers. Mais c’est à nous de jouer maintenant, de montrer que dans la pire des adversités, nous sommes capables de grandes choses, à commencer par nous entendre.
Lucien Lacombe


