Le marchĂ© de la Moselle accueille ce matin la quatriĂšme Ă©dition du « Fish Market ». AprĂšs avoir mis Ă lâhonneur le bossu dorĂ©, le mulet et le bec de cane, lâĂ©vĂ©nement portĂ© par la FĂ©dĂ©ration des pĂȘcheurs professionnels cĂŽtiers de la province Sud et la CAP-NC braque cette fois ses projecteurs sur le crabe de palĂ©tuvier.
RecrĂ©er une vraie animation populaire au cĆur du marchĂ© de NoumĂ©a, câest le pari gagnant lancĂ© il y a sept mois par la FĂ©dĂ©ration des pĂȘcheurs professionnels cĂŽtiers de la province Sud, en partenariat avec la Chambre dâagriculture et de la pĂȘche (CAP-NC). Aujourdâhui, de 6h Ă 11h30, la poissonnerie de la Moselle battra au rythme de la 4á” Ă©dition de ce marchĂ© thĂ©matique, entiĂšrement consacrĂ© au crabe de palĂ©tuvier. Bien plus quâune simple fĂȘte gourmande, ce rendez-vous rĂ©gulier veut dĂ©sormais sâimposer comme un levier stratĂ©gique pour soutenir une filiĂšre frappĂ©e par les crises Ă©conomiques, la baisse du pouvoir d’achat et la concurrence de la vente informelle.
Des retours mesurables sur les étals de la Moselle
Au-delĂ de la promesse de belles assiettes et de dĂ©couvertes culinaires, le Fish Market rĂ©pond Ă un besoin urgent d’impulsion pour les professionnels du lagon. Depuis plusieurs mois, les Ă©tals de la Moselle souffrent d’une dĂ©saffection marquĂ©e. Entre le dĂ©part d’une partie de la population, la baisse du pouvoir d’achat et la multiplication des canaux de vente informels, les poissonniers constatent une chute de frĂ©quentation. Pourtant, la ressource est bien lĂ . Comme le rappelait BenoĂźt BĂ©liaeff, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration, lors du lancement en fĂ©vrier : « Le problĂšme n’est pas le poisson, il y en a. Notre problĂšme, c’est de le vendre. » Aujourd’hui, les rĂ©sultats commencent Ă se faire sentir sur les Ă©tals. « On essaie de faire une Ă©dition tous les deux Ă trois mois. MĂȘme si l’on ne chiffre pas encore prĂ©cisĂ©ment le nombre de visiteurs, on remarque clairement une hausse de la frĂ©quentation et surtout des volumes de vente, avec une progression globale estimĂ©e entre 10 et 15 % », dĂ©taille Guillaume BoisramĂ©, coordinateur de la FĂ©dĂ©ration. Une dynamique toutefois variable selon la notoriĂ©tĂ© des espĂšces vedettes : « C’est assez hĂ©tĂ©rogĂšne selon les thĂ©matiques. Sur le mulet, lors de la deuxiĂšme Ă©dition, nous avions eu moins de retours en volume. En revanche, pour la troisiĂšme Ă©dition consacrĂ©e au bec de cane, certaines stalles ont enregistrĂ© jusqu’Ă 20 % d’augmentation de leurs ventes. Avec le crabe ce samedi, on espĂšre faire encore mieux. »
Pédagogie et valorisation du travail local
Si l’Ă©vĂ©nement redonne du souffle au marchĂ©, son ambition dĂ©passe le cadre strictement commercial. La FĂ©dĂ©ration mise sur la sensibilisation et la valorisation du savoir-faire des Ă©quipages professionnels. « Le but premier, c’est d’animer, de rassembler et de faire dĂ©couvrir le mĂ©tier de pĂȘcheur professionnel, parfois mĂ©connu du grand public », souligne Guillaume BoisramĂ©. « Ă chaque Ă©dition, il y a une forte dimension pĂ©dagogique. On explique les techniques de pĂȘche, la saisonnalitĂ© des espĂšces et la rĂ©glementation. La derniĂšre fois, les Affaires maritimes Ă©taient prĂ©sentes pour aborder la sĂ©curitĂ© en mer. Ce samedi, des reprĂ©sentants de la province Sud et de la brigade de protection du lagon seront lĂ pour informer sur la rĂ©glementation spĂ©cifique au crabe. » L’Ă©vĂ©nement s’attache Ă©galement Ă rééduquer le consommateur au calendrier naturel du lagon. « Le choix des produits stars se fait en fonction de la saisonnalitĂ©. Câest vraiment l’idĂ©e de consommer local au bon moment », rappelle le coordinateur associatif. « On veille aussi Ă ce que tous les Ă©taliers s’y retrouvent en faisant tourner les produits mis en avant. »
Nouveautés et volonté de pérenniser le rendez-vous
Pour cette 4á” Ă©dition, la formule gagne en maturitĂ©. En plus des traditionnelles dĂ©barques de pĂȘcheurs en direct sur les pontons (Ă 8h et 9h) et des dĂ©gustations gratuites (Ă 9h30 et 10h30), plusieurs animations interactives attendent le public. Une roue de la chance permettra aux acheteurs du marchĂ© de remporter des cadeaux, tandis qu’une grande loterie offrira deux repas au restaurant Sur un autre thon, situĂ© Ă la Baie des Citrons. Afin d’affiner sa stratĂ©gie pour les prochaines Ă©ditions, la FĂ©dĂ©ration lancera d’ailleurs ses premiĂšres enquĂȘtes de satisfaction sur le terrain.
Fort du succĂšs rencontrĂ© depuis le lancement au mois de fĂ©vrier autour du bossu dorĂ©, l’Ă©quipe souhaite s’appuyer sur ces retours prometteurs pour inscrire durablement l’Ă©vĂ©nement dans le paysage local. « Les retours des visiteurs comme des professionnels sont trĂšs positifs », conclut Guillaume BoisramĂ©. « C’est une dynamique que nous avons vraiment envie de continuer Ă dĂ©velopper dans les mois Ă venir. » Une belle initiative pour ramener les CalĂ©doniens au marchĂ© et soutenir les acteurs de la mer.
E.F



