Il avait été piégé en ligne. Un homme de 40 ans, domicilié à Lifou, avait été interpellé par les services de gendarmerie le 13 mai dernier, à Dumbéa, après avoir donné un rendez-vous à une (fausse) fillette sur les réseaux sociaux. Les forces de l’ordre avaient été alertées par le collectif Truly après que le suspect soit entré en contact avec son faux profil pour lui envoyer des messages à caractère sexuel et une proposition de rencontre dans la rue. Ce que le pédocriminel présumé ignorait, c’est que la fillette de 13 ans n’existait pas. Depuis six ans, l’association œuvre quotidiennement pour repérer les prédateurs sexuels sur les réseaux sociaux dans le but de les piéger et de les dénoncer.
Deux mois après son interpellation, l’homme s’est présenté face au tribunal correctionnel de Nouméa, qui l’a condamné à une peine de dix mois de prison avec sursis probatoire, incluant une inscription au Fijais (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes), l’interdiction d’exercer un métier au contact de mineurs pendant cinq ans et une obligation de soins. Assisté de Me Stéphane Bonomo, le prévenu est ressorti libre du palais de justice, ce qui a « écœuré » Brad, le fondateur de Truly, qui n’a pas compris pourquoi son association était pointée du doigt lors des débats. « La justice me reproche de lui faire perdre son temps mais elle a su venir me trouver quand elle a eu besoin d’aide. Ils devraient avoir honte de tenir un discours comme ça. La justice calédonienne ne veut pas protéger les enfants. C’est écœurant ».
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



