Pendant plus d’un an, le propriétaire d’un catamaran a multiplié les croisières avec des clients dans le lagon Sud en les présentant comme de la « co-navigation ». Près de cinq millions de francs auraient été encaissés. Pour le tribunal correctionnel de Nouméa, il s’agissait en réalité d’une activité commerciale exercée sans déclaration fiscale ni sociale. Il a été condamné pour travail dissimulé.
Un « amour » du lagon et des îlots, mais surtout, une certaine idée du business. Le propriétaire d’un catamaran a été épinglé pour avoir organisé des dizaines de sorties en catamaran avec des clients dans le lagon Sud sous couvert de « co-navigation », ce que la justice a, au contraire, estimé être du travail dissimulé.
Face au tribunal correctionnel de Nouméa, ce plaisancier d’une cinquantaine d’années s’est appliqué, pendant près de deux heures, à défendre une idée simple : plutôt que de rester chez lui, il préférait « partager » son « envie de sortir en mer » avec d’autres personnes elles aussi en quête d’eaux turquoise. « J’aime naviguer, j’aime pêcher, j’aime le lagon, j’aime partager des moments », a-t-il longuement répété aux magistrats. S’il est aujourd’hui accusé d’avoir exploité un charter clandestin, c’est parce que les Affaires maritimes ont fait remonter au parquet les alertes de plusieurs professionnels de la navigation. Tous racontent la même histoire : un particulier proposerait, via le groupe Facebook Nouméa Expat, des sorties en mer à des tarifs défiant toute concurrence, sans être déclaré. Ils voyaient défiler chaque week-end des dizaines de clients à bord de ce catamaran de onze mètres. Eux dénoncent un manque à gagner évident, une perte de clientèle et une concurrence déloyale.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche



