Arrivés en business, ils sont repartis hier au terme d’un séjour au cours duquel ils auront fait beaucoup de bruit pour rien. Les meetings et réunions qu’ils ont tenus n’ont pas déplacé les foules, et leurs discours, dégoulinant de démagogie, n’avaient pour but que de convaincre leurs amis kanak de voter pour Jean-Luc Mélenchon. Parce que Mélenchon, c’est Kanaky, c’est l’indépendance, c’est le versement de la dette coloniale, c’est tout ce que les indépendantistes veulent et au-delà. Et tant pis si c’est tout ce contre quoi les Calédoniens ont voté, refusant les diktats, rejetant les ukases à trois reprises, LFI n’en a que faire. Pour Mathilde Panot et Bastien Lachaud, on l’a bien entendu et compris, la conquête de Kanaky se fera en passant sur le corps de la démocratie. Lachaud, professeur d’histoire, qui prend avec l’histoire calédonienne toutes les libertés, d’abord les plus extrêmes, a fait sienne cette citation, « quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende » *, parce que la légende qu’il forme de la Nouvelle-Calédonie et du peuple premier, ça l’arrange, ça l’émeut, ça l’émoustille. Persuadés de leur vérité, les deux missi dominici de LFI sont repartis sans même se demander si leurs discours avaient eu un écho chez leurs interlocuteurs, ce dont je ne suis pas persuadé. On lui a tellement promis Kanaky, à commencer par leurs leaders, que la base indépendantiste n’a peut-être pas mordu aux hameçons que leur ont jetés nos deux voyageurs.
* Réplique du Film « l’homme qui tua Liberty Valence » de John Ford, 1962
Nicolas Vignoles



