Dans les moments importants de l’Histoire, les électeurs s’unissent et envoient des majorités fortes les gouverner. Ce fut le cas au sortir de la Première Guerre mondiale avec l’élection à l’Assemblée d’une Chambre bleu horizon ou après mai 68, quand les Français élurent une immense majorité gaulliste au Palais Bourbon. Et voilà que pour la Nouvelle-Calédonie, et plus précisément la province Sud, les électeurs ne s’y sont pas trompés, votant massivement en faveur de la liste non-indépendantiste conduite par Sonia Backes, la présidente sortante, et le député Nicolas Metzdorf. Dans leur très grande majorité, de manière quasiment historique, les électeurs ont fait le choix de la cohérence et de l’espoir. La cohérence de ce qui est conduit depuis sept ans maintenant et qui fait semble-t-il ses preuves, notamment depuis deux ans et le 13 mai. L’espoir de ceux qui portent le destin de la Nouvelle-Calédonie sur leurs épaules depuis Deva, qu’ils ont refusé, et Bougival, qu’ils ont signé. Ces derniers seront désormais confortés face à l’État et aux indépendantistes dans les négociations à venir. Car c’est surtout cela qu’il faut retenir de ces élections provinciales : ceux qui par trois fois ont dit non à l’indépendance se sont reconnus davantage dans la liste de Sonia Backes que dans les listes centristes, construites à la hâte aux visions floues et aux programmes fragiles.
Nicolas Vignoles



