On pouvait s’attendre à mieux, mais ces provinciales n’ont pas vraiment mobilisé. Du moins, moins qu’en 2019 alors que le taux de participation est en baisse de près de trois points…
Pour ces élections provinciales, les premières depuis sept ans, le taux de participation pour l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie s’établit à 63,71 %, selon les chiffres communiqués par le Haut-commissariat dimanche soir. C’est près de trois points de moins qu’en 2019, où le taux de participation s’élevait à 66,49 %. Si la différence n’est pas si énorme, certes, elle demeure tout de même historiquement basse pour des élections provinciales. Alors, qu’est-ce qui explique cette faible participation ?
Des explications ?
Il faudra évidemment affiner les explications, mais cette abstention se justifie par une offre politique, notamment en province Sud, qui n’a pas séduit ceux des électeurs qui ne souhaitaient pas porter leurs suffrages sur la liste de Sonia Backes. L’incapacité des listes dites centristes à s’unir a démotivé ceux qui cherchaient une alternative ou qui pensaient que le dialogue était possible sinon nécessaire avec le FLNKS en dépit du 13 mai 2024. On ne peut pas écarter non plus le fait que nombre d’électeurs non-indépendantiste, persuadés de la victoire de Sonia Backes, ont décidé de ne pas se rendre aux urnes, laissant aux autres le travail de la victoire.
Démotivé sans doute, l’électorat indépendantiste. Ainsi dans le Sud où la division a été mal perçue et mal accueillie, et où la liste UC-FLNKS, composée essentiellement de membres de la CCAT a été contestée, y compris durant les meetings. Démotivation indépendantiste également aux îles où le choix entre Mickaël Forrest et Jacques Lalié n’a ni convaincu ni séduit.
En province Nord en revanche, la lutte entre Paul Néaoutyine et Pascal Sawa était suffisamment motivante pour convaincre les électeurs à se rendre aux urnes. Il faut néanmoins s’interroger sur cette participation médiocre sur une élection dont les enjeux d’avenir étaient cependant connus de tous. Certains parleront de désaffection des Calédoniens pour la chose politique, ce qui si véritablement était le cas serait sans doute inquiétant. Il faut peut-être davantage avancer l’idée selon laquelle l’incertitude dans laquelle se trouve la Nouvelle-Calédonie, a pesé sur la motivation des Calédoniens et leur envie ou non de voter. Beaucoup ont certainement pensé que voter ne servirait à rien pour améliorer leur quotidien ou régler la crise économique et sociale, conséquence de l’insurrection de la CCAT.
N.V.



