La SLN annonce la livraison en septembre des quatre ponts sur sa mine de Kouaoua, dernière étape avant de relancer l’évacuation du minerai depuis son centre minier, paralysé depuis l’incendie de la Serpentine en 2024.
L’origine du problème remonte à la soirée du 15 mai 2024, au début des émeutes. La Serpentine, le convoyeur qui achemine le minerai de la mine vers le bord de mer, est incendiée sur la quasi-totalité de son tracé de onze kilomètres. Depuis, le centre minier SLN de Kouaoua se trouve privé de son principal moyen d’évacuation du minerai. Faute de pouvoir réparer rapidement ce convoyeur, la SLN fait alors le choix du transport par camion, via une piste dédiée longeant la rivière Kouaoua. Cela nécessite toutefois des travaux d’ampleur, puisqu’il faut construire quatre ouvrages pour permettre aux camions de franchir le cours d’eau.
Près de 200 emplois à la clé
Mercredi, dans un communiqué, la SLN a fait un point sur ce chantier, qui avance, mais à des rythmes inégaux selon les ponts. Le premier, situé en pied de mine, est « en phase d’achèvement », tandis que l’ouvrage le plus à l’aval de la rivière est « en finalisation ». Les deux ouvrages intermédiaires, en revanche, n’en sont qu’au stade du « battage des pieux », première étape de leur édification. La livraison des quatre ouvrages est prévue en septembre 2026 pour une reprise des opérations de roulage « dès mise à disposition », précise la société. Pour Guillaume Kurek, directeur général de la SLN, l’enjeu de ce chantier est de « sécuriser durablement l’évacuation du minerai, préserver l’activité économique et les emplois sur la commune et sécuriser l’approvisionnement de l’usine de Doniambo ». Le site emploie directement 145 salariés et fait travailler une cinquantaine de sous-traitants, ce qui en fait, selon la SLN, « un acteur économique majeur de la commune ». Sur le plan financier, l’entreprise chiffre l’opération à 600 millions de francs, un montant qui couvre la construction des ponts mais aussi les goudronnages et signalisations. Le contexte local reste toutefois sensible. Fin mars, des riverains opposés au chantier avaient bloqué l’accès au site, contraignant les salariés à des congés payés pendant plusieurs semaines.Il avait fallu près de deux mois de discussions pour aboutir, début juin, à une reprise progressive de l’activité. C’est dans cet esprit de dialogue que la direction de la SLN s’est rendue sur place mardi dernier, à la rencontre des sous-traitants, des élus municipaux et des représentants du conseil de district. Selon l’entreprise, ces derniers auraient renouvelé leur soutien au projet, dans l’attente de voir les ouvrages achevés et l’activité minière retrouver son rythme normal.
Légende photo : Rencontre entre la SLN, les sous-traitants, les coutumiers et les élus municipaux à la mairie de Kouaoua, mardi dernier.
Béryl Ziegler



