C’est le grand jeu de ces provinciales, comme ça l’avait été des dernières municipales. Qui sait à qui est la liste que tire monsieur Untel ? A quel parti elle appartient ? A quelle place de l’échiquier politique elle correspond ? Parce qu’à ces élections provinciales, certains avancent non pas masqués, mais en mentant sur leurs origines comme s’ils en avaient honte. Et c’est assez étonnant, politiquement parlant, que de ne pas vouloir assumer ou revendiquer une appartenance, un camp, un parti. C’est un peu un manque de courage que de ne rien vouloir assumer d’une histoire, d’un parcours ou d’un passé, et il y a dans cette attitude comme de la tromperie sur la marchandise. L’électeur a pourtant le droit de savoir à qui il entend confier son destin au travers de son bulletin de vote, il serait donc plus honnête qu’il sache à qui il a à faire. Mais il y a des candidats qui de toute évidence, ne sont pas prêts à cela, estimant que dissimuler une réalité pourrait leur apporter quelques voix en plus. Donc à ces provinciales, comme aux élections de mars, on voit fleurir des « listes citoyennes », sans aucune référence à un parti ou une obédience et ceux et celles qui les tirent pensent sans doute que ça passe crème. Comme si les électeurs n’avaient ni mémoire ni connaissance, alors que c’est dangereux et risqué que de les prendre pour des poissons rouges.
Nicolas Vignoles


