Les chiffres du recensement 2025 confirment une tendance de fond qui s’accélère : le pays fait moins d’enfants, ses habitants vieillissent, et les départs excèdent les arrivées. Un triple décrochage aux conséquences bien visibles.
264 596 habitants en Nouvelle-Calédonie. Soit 6 800 personnes de moins qu’en 2019. C’est le chiffre inquiétant qu’avait révélé l’Institut des statistiques et des études économiques (ISEE) en juillet dernier, lors de la restitution des premiers résultats du recensement 2025. « C’est la première fois depuis le recensement de 1946 que la population de la Nouvelle-Calédonie baisse entre deux recensements », avait alors indiqué Jean-Philippe Grouthier, chef de mission de l’Insee. « Si les tendances observées lors de la période précédente s’étaient poursuivies, nous aurions dû atteindre un peu plus de 274 000 habitants en 2025. Au lieu de cela, ils sont environ dix mille de moins », avait précisé le statisticien. Deux tiers de cet écart proviennent du solde migratoire ; un tiers de l’affaiblissement du solde naturel, précisait le statisticien. Depuis, l’ISEE a affiné ses résultats démographiques. Et ils sont sans appel. En clair, le pays vieillit, les femmes font moins d’enfants et plus tard, et le Caillou repousse plus qu’il n’attire. Résultat, il perd des habitants.
Des berceaux qui se vident
La baisse de la natalité est forte et continue. En 2019, 4 110 naissances étaient enregistrées en Nouvelle-Calédonie. En 2025, ce chiffre est tombé à 3 237, d’après les derniers chiffres de l’ISEE, soit une baisse de près de 21 % en six ans. C’est la dégringolade la plus rapide jamais observée entre deux recensements, soit en six ans. Pour mémoire, le territoire dépassait encore les 4 400 naissances annuelles entre 2012 et 2014.
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Béryl Ziegler


