Il se trouve des candidats à ces provinciales qui revendiquent n’avoir aucun « politique » sur leur liste et avoir privilégié la « société civile » pour la composer. Il faudrait quand même, une bonne fois pour toutes, qu’on en termine avec la société civile qui, à l’instar du monstre du Loch Ness, n’existe pas, sinon qu’elle est composée par tous ceux qui ne sont pas militaires, ce qui fait du monde. Mais il est quand même étrange que des personnalités qui briguent les suffrages de leurs semblables afin d’être élues, et donc de devenir des politiques, proclament partout que la politique, c’est mal et qu’il faut s’en méfier comme de la peste ! Ceux-là surfent sur la tendance générale de méfiance de la politique, et comptent attraper dans leurs rets les naïfs qui pensent encore, sans doute avec sincérité, que l’on peut faire et vivre sans la politique, alors qu’il n’y a qu’en dictature qu’un tel cas de figure se présente. Mais oui, répétons-le encore une fois, comme le credo démocratique, que la démocratie, ça n’est pas le pouvoir au peuple (ou à la société civile), mais le pouvoir par le peuple. En démocratie en effet, donc en Nouvelle-Calédonie, le pouvoir procède du peuple, il n’en est nullement l’ordonnateur. Mais apparemment, ça fait bien de se présenter à des élections en affirmant que la politique, c’est tabou
Nicolas Vignoles


