Dimanche matin, route de l’Anse-Vata, « Nous, réunis », la liste conduite par Philippe Dunoyer a dévoilé ses visages, tout en gardant une part de mystère alors que la liste sera officiellement déposée, lundi. Pour le programme, également, il faudra encore patienter.
Philippe Dunoyer, qui a récemment quitté Calédonie ensemble juste avant de créer son propre mouvement politique, « Nous », s’est officiellement lancé dans la campagne des provinciales, dimanche, route de l’Anse-Vata. L’occasion pour lui de réunir de multiples visages, qui ont « des parcours et des sensibilités différents » mais aussi qui viennent « d’horizons politiques différents ». On retrouve ainsi Evelyne Lèques, Gérard Piolet, ancien adjoint de Yoann Lecourieux à la mairie de Dumbéa, ou encore Nadine Pidjot, qui avait notamment, dans le passé, créé la section jeunes de l’Union calédonienne. « On fait tous le constat que dorénavant, et je pense que c’est le cas pour plusieurs années, il faut parler de politique de manière différente, au-delà de cette fameuse question ‘’pour ou contre l’indépendance’’ », avance-t-il.
Et de poursuivre : « Pour nous, la division en deux blocs est réductrice. Car, c’est un seul sujet et on ne peut pas se résumer à une seule idée. Il faut arrêter de dire aux Calédoniens qu’ils sont d’un côté ou de l’autre. A un moment, il faut réussir à élargir, à sortir de ce biais qui consiste seulement à définir les politiques et les Calédoniens par une seule idée. »
Une démarche de regroupement
C’est pourquoi il défend une démarche de regroupement, s’alignant ainsi aux côtés d’Alexandre Machfull, de Réunis, ou encore de Claude Siret, figure du mouvement La démocratie en Nouvelle-Calédonie. « Ce sont des mouvements qui ont décidé de ne pas partir isolément dans cette campagne afin que notre voix collective puisse être entendue et que notre message puisse être compris par les électeurs », poursuit Philippe Dunoyer, qui avance également les soutiens de certaines figures, comme Jean-Christophe Niautou, maire de Farino, de Charles Brinon, maire de Sarraméa, de Dominique Megraoua, médecin, ou encore de Mathieu Série, médecin.

L’ancien député est d’ailleurs le seul élu sortant de cette liste alors que cette alliance veut être « à l’image de la province Sud », c’est-à-dire de « Nouméa et du Grand Nouméa, mais aussi de la Brousse ». « Philippe, c’est un type compétent, fiable, travailleur, salue Evelyne Lèques. C’est quelqu’un de bien, mais c’est surtout quelqu’un qui aime son pays plus que sa carrière. »
En attendant le concret
Pour autant, dimanche matin, difficile d’obtenir des réponses concrètes. Questionné sur l’organisation de la liste ou encore sur le programme, Philippe Dunoyer, qui devrait tout de même être suivi de près par Nadine Pidjot, a botté en touche. Ou, plus précisément, a donné rendez-vous dans les jours à venir. Mais, il a défendu son slogan « Ton quotidien, la priorité ». Car, et c’est la priorité, le mouvement veut faire face à cette crise sociale qui n’a cessé de s’aggraver depuis deux ans. « L’urgence est de rétablir au plus vite une situation économique qui se dégrade tous les jours et de réduire au plus vite une fracture sociale qui touche de plus en plus de Calédoniens. Pour certaines familles, on ne parle même plus de précarité, on parle de misère », a-t-il d’abord déclaré. Et d’affirmer face à la presse : « La seule priorité c’est de résoudre cette crise économique et sociale, ou en tout cas d’essayer de la limiter, de la réduire. »
Volonté Calédonienne
Une liste conduite par Arnold Lèques, et sur laquelle figurent Bianca Henin, Jean-Charles Moglia, et Philippe Lemaitre, sollicite les suffrages des Calédoniens pour dit-elle, « maintenir intégralement notre territoire au sein de la République française ». Déposée officiellement ce samedi, Volonté Calédonienne se revendique de droite, « nous sommes pour le dégel du corps électoral, écrit sa tête de liste, pour la moralisation de la vie publique, contre Bougival ou toutes formes de statut qui nous éloignent de la France. Nous voulons représenter tous ceux qui ont dit trois fois Non à l’indépendance et nos convictions patriotiques seront essentielles pour s’opposer à toutes les dérives et faiblesses que nous constatons depuis trop longtemps ».
Un autre monde pour l’Eveil
Encore discret dans cette campagne, l’Eveil océanien sera pourtant pour bien au rendez-vous alors que le parti de Milakulo Tukumuli a officiellement déposé sa liste, « Un autre monde est possible », au bureau des élections du Haut-commissariat. « Cet acte n’est pas seulement administratif. Il porte un espoir, relaie ainsi l’Eveil sur sa page Facebook. Dans un pays abîmé par la peur, la colère et les divisions, nous faisons le choix de relever la tête. Nous refusons que la Nouvelle-Calédonie soit condamnée à choisir entre deux camps, deux rancœurs, deux impasses. » Une vision qui fait ainsi écho à celle portée par « Nous, réunis », la liste portée par Philippe Dunoyer (lire ci-contre). « Notre chemin est exigeant : réparer sans accuser, reconstruire sans exclure, réconcilier sans renoncer à la vérité », écrit encore le parti océanien, qui sera donc emmené par Milakulo Tukumuli en province Sud.
C.G.

