Avec une perte d’activité moyenne de 50 % et une majorité de grands chantiers qui ne démarrera pas avant 2027, les entreprises du BTP qui ont survécu aux deux dernières années font le gros dos en réduisant leur envergure pour mieux résister à la crise. Non sans inquiétude.
Le secteur du BTP n’en finit plus de s’adapter à un marché en crise. « Fin 2025, avec Bougival, tout le monde pensait que ça allait repartir », affirme Eric Lafitte. « Aujourd’hui on sait qu’il n’y aura pas de reprise avant la mise en œuvre d’un accord, c’est-à-dire en 2027 au plus tôt. En tout cas sans solution politique il n’y aura pas de confiance, donc pas de reprise de l’investissement privé », poursuit le co-président de la Fédération calédonienne du BTP.
Un investissement privé qui s’est réduit comme peau de chagrin : « on est passés de 60-65% de privé pour 35 à 40 % de public ; à 80-85% de public pour seulement 15 à 20% de privé ». La perte d’activité globale est en moyenne de 50 %, pour une fourchette allant de 30 à 80 %. Et « le secteur public ne fonctionne plus qu’avec les aides de l’Etat ; l’armée soutient aussi le BTP avec des chantiers plus nombreux. Quant aux travaux prévus dans le cadre du pacte de refondation, ils concernent beaucoup les routes et le génie civil ». L’enveloppe de 16 milliards dédiée en 2025 à la reconstruction concerne surtout la rénovation de bâtiments endommagés, comme l’école Louise de Greslan à Dumbéa, livrée il y a quelques semaines à peine. Le CFA, le Centre de formation des apprentis, et l’IFPSS, l’Institut de formation des professions sanitaires et sociales, qui ont eux été complètement détruits, représenteront les plus gros marchés à venir. « Comme l’année dernière, les chantiers actuellement en cours font surtout travailler les corps de métier, comme les peintres, les plombiers et les électriciens », évalue Eric Lafitte.
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I.P.



